{"id":277,"date":"2024-09-22T04:06:49","date_gmt":"2024-09-22T03:06:49","guid":{"rendered":"https:\/\/associationguma.org\/?p=277"},"modified":"2024-09-22T04:12:20","modified_gmt":"2024-09-22T03:12:20","slug":"le-mariage-chez-les-guidar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/associationguma.org\/index.php\/2024\/09\/22\/le-mariage-chez-les-guidar\/","title":{"rendered":"LE MARIAGE CHEZ LES GUIDAR :"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Albert Douffissa<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a> et Toumbaya Tiye<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ce chapitre sur le mariage repose essentiellement sur les pratiques enregistr\u00e9es dans deux villages, Djougui et Biou, d\u2019o\u00f9 sont originaires les principaux auteurs. Mais il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des d\u00e9bats organis\u00e9s dans les r\u00e9seaux sociaux anim\u00e9s par Guma.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous d\u00e9crirons ici les diff\u00e9rents types de mariage et les diff\u00e9rentes \u00e9tapes.<strong><em><\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong><em>\u0259<\/em><\/strong><strong><em>daha<\/em><\/strong><strong> ou\u00a0<em>\u0259kaya<\/em>. Le mariage classique.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Dans le livre, \u00ab&nbsp;<em>Les noms chez les&nbsp;\u018aiy na Ka\u0257a<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, l\u2019auteur a rapport\u00e9 les deux types de mariage qui pr\u00e9valent en pays guidar.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Le premier type de mariage, c\u2019est ce qui existe \u00e0 peu pr\u00e8s chez tous les peuples. Pour simplifier, disons qu\u2019un&nbsp; homme courtise une jeune fille, lui propose le mariage et elle accepte. L\u2019homme va manifester son intention de fa\u00e7on officielle aux parents de la fille et commencera alors une p\u00e9riode plus ou moins longue de un \u00e0 trois ans de \u00ab&nbsp;fian\u00e7ailles&nbsp;\u00bb au cours de laquelle l\u2019homme va doter la jeune fille, la dot comprenant diverses contributions&nbsp;: travaux manuels pour le compte des futurs beaux-parents, dons d\u2019animaux, d\u2019habits, d\u2019argent ou d\u2019autres biens mat\u00e9riels, une ou deux f\u00eates que le pr\u00e9tendant offre aux membres du clan de la fille. Lorsque le processus aboutit sans anicroche, la fille sera envoy\u00e9e en mariage. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, c\u2019est ainsi que le premier mariage de jeunes gens s\u2019organise par l\u2019interm\u00e9diaire des deux familles<\/em>&nbsp;\u00bb (p.158).<\/p>\n\n\n\n<p>Le mariage comporte plusieurs phases, allant du choix de l\u2019\u00e9pouse \u00e0 son installation dans foyer. Cette p\u00e9riode qui peut \u00eatre plus ou moins longue constitue les fian\u00e7ailles et exige de la patience et de l\u2019endurance. C\u2019est ce qu\u2019on appelle&nbsp;<strong><em>\u0259daha<\/em><\/strong> ou&nbsp;<strong><em>\u0259kaya<\/em><\/strong>. Quelqu\u2019un dira&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>I\u014b tat&nbsp;\u0259kay ana wisne da<\/em>&nbsp;\u00bb (je suis en train de chercher \u00e0 \u00e9pouser la fille d\u2019un tel). En fonction des \u00e9poques et des villages, les diff\u00e9rentes phases de ce processus peuvent varier, certaines pouvant \u00eatre escamot\u00e9es ou simplifi\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Choix de l\u2019\u00e9pouse<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir identifi\u00e9 une fille qui pla\u00eet \u00e0 leur go\u00fbt, deux ou trois jeunes gens vont se d\u00e9cider \u00e0 aller se pr\u00e9senter \u00e0 elle pour requ\u00e9rir ses faveurs. S\u2019ils sont tous candidats, elle sera appel\u00e9e \u00e0 faire un choix, si jamais l\u2019un des gar\u00e7ons lui convenait. G\u00e9n\u00e9ralement les visites ont lieu en d\u00e9but de soir\u00e9e, aux environs de 18 heures 30 &#8211; 19 heures 30 minutes&nbsp;; quelques dizaines de minutes \u00e0 une heure de temps suffisent pour dialoguer avec la jeune fille. Les jeunes gar\u00e7ons arrivent chez leur camarade ou ami qui est, soit le fr\u00e8re a\u00een\u00e9&nbsp; de la fille ou son cadet (ou encore un autre plus jeune) pour b\u00e9n\u00e9ficier de son concours et \u00eatre introduit aupr\u00e8s de la fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Accueillis \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la concession, ils vont attendre que l\u2019interm\u00e9diaire obtienne l\u2019autorisation du chef de la famille pour rencontrer la jeune fille. Apr\u00e8s avoir pris connaissance de l\u2019objet de la visite des jeunes gens, \u00e0 savoir rencontrer la fille X, le chef de famille va s\u2019enqu\u00e9rir de l\u2019identit\u00e9 des visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse du p\u00e8re ou de la personne tenant lieu de tuteur de la fille va d\u00e9pendre des \u00e9l\u00e9ments relatifs aux jeunes visiteurs.&nbsp; Il peut ne&nbsp; pas \u00eatre d\u2019accord, soit parce qu\u2019un des enfants ou ces gar\u00e7ons sont catalogu\u00e9s de d\u00e9linquants, de paresseux notoires soit en raison de leurs origines familiales, s\u2019il consid\u00e8re, par exemple, qu\u2019ils sont issus de parents pauvres ou encore ayant des diff\u00e9rends avec la grande famille (notamment relatifs \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement d\u2019une femme dans la famille de la jeune fille convoit\u00e9e, par un parent des candidats (<strong>\u00ab&nbsp;massa<\/strong>&nbsp;\u00bb). Dans ces cas d\u2019esp\u00e8ce, le p\u00e8re va exprimer son refus en disant&nbsp;au messager :&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>vas leur dire qu\u2019elle dort d\u00e9j\u00e0 ou bien qu\u2019elle a voyag\u00e9<\/em>. \u00bb C\u2019est une fa\u00e7on polie de dire non \u00e0 leur demande&nbsp; et m\u00eame si la fille convoit\u00e9e ne dort pas ou n\u2019a pas voyag\u00e9, elle doit garder le silence.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il marque son accord, la jeune fille re\u00e7oit ses h\u00f4tes et les installe dans la case (chambre) ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la case de son fr\u00e8re, ami des pr\u00e9tendants&nbsp;; le temps des \u00e9changes ne doit pas durer tr\u00e8s longtemps. Autrement dit, le p\u00e8re, qui veille au grain,&nbsp; par l\u2019interm\u00e9diaire du m\u00eame gar\u00e7on, va interrompre la causerie en disant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>vas, leur dire que nous allons au lit&nbsp;d\u00e9j\u00e0 pour dormir<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut signaler que les deux ou trois pr\u00e9tendants viennent ainsi pr\u00e9senter leur dossier de demande de la fille ou alors l\u2019un d\u2019eux vient pour confirmer un accord pr\u00e9alablement obtenu au cours d\u2019une rencontre ant\u00e9rieure, et cette fois en pr\u00e9sence du ou des autres qui vont \u00eatre des t\u00e9moins de cet amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment se passe le baratin&nbsp;? G\u00e9n\u00e9ralement ces pr\u00e9tendants&nbsp; demandent \u00e0&nbsp; la jeune fille d\u2019op\u00e9rer un choix&nbsp; parmi&nbsp; eux&nbsp; ou&nbsp; de confirmer son amiti\u00e9 \u00e0 celui qu\u2019elle aime d\u00e9j\u00e0 depuis quelques temps. Si les trois jeunes gens sont tous des candidats, souvent ce sont des b\u00e2tonnets qui vont \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la fille afin qu\u2019elle puisse choisir un b\u00e2tonnet qui va correspondre \u00e0 son futur fianc\u00e9. Des marques sont faites sur chaque b\u00e2tonnet pour \u00e9viter la confusion et le doute sur la personne que la fille aura&nbsp; choisie pour \u00eatre son pr\u00e9tendant. Il faut noter que, par politesse, une fille bien \u00e9duqu\u00e9e ne doit pas dire non de mani\u00e8re cat\u00e9gorique \u00e0 un gar\u00e7on ou \u00e0 un homme, si elle ne l\u2019aime pas. Elle va toujours dire un \u00ab&nbsp;oui&nbsp;\u00bb, m\u00eame de fa\u00e7on nonchalante ou d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, quitte \u00e0 ce que le candidat comprenne le vrai sens de la r\u00e9ponse&nbsp;; et si elle constate que le pr\u00e9tendant est s\u00e9rieux dans ses intentions et veut s\u2019engager pour la dot, alors qu\u2019elle ne l\u2019aime pas, elle va faire des reculades et multiplier des strat\u00e9gies pour le faire comprendre \u00e0 ce dernier. Elle s\u2019ouvrira \u00e0 sa m\u00e8re, ou alors d\u00e9l\u00e9guera \u00e0 une amie ou l\u2019ami du gar\u00e7on la mission de dire au pr\u00e9tendant son d\u00e9saccord pour le projet de mariage envisag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le chef de famille suivra discr\u00e8tement les d\u00e9marches du pr\u00e9tendant. Ainsi, il tol\u00e9rera deux ou trois visites successives, mais si&nbsp; elles sont r\u00e9p\u00e9titives (5 fois ou plus) sans qu\u2019aucune nouvelle se rapportant au projet de mariage ne soit manifest\u00e9e, le p\u00e8re peut changer d\u2019avis et refuser les visites ult\u00e9rieures de ces pr\u00e9tendants en supposant que la multiplicit\u00e9 de ces contacts comporte des risques d\u2019outrepasser le cadre des visites courtoises et conduire \u00e0 contrevenir aux bonnes m\u0153urs (ce que les Guidar appellent&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong>\u0259kkess hara<\/strong>&nbsp;\u00bb). Une fois tomb\u00e9e dans cette situation un peu confuse, la rencontre entre la fille et son pr\u00e9tendant ne&nbsp; peut se faire que sur le chemin des points d\u2019eau, au march\u00e9, \u00e0 la danse ou lorsqu\u2019elle ira chercher du bois mort en brousse, sur rendez-vous secrets. Ces rencontres clandestines peuvent se poursuivre si les deux personnes s\u2019aiment et souhaitent \u00eatre unies par le lien de mariage. L\u2019union se concr\u00e9tisera par le rapt,&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong>\u0259g\u0259m gulku<\/strong>&nbsp;\u00bb&nbsp;; surtout si, entre temps un autre gar\u00e7on est impos\u00e9 \u00e0 la fille ou alors un vieux polygame s\u2019est engag\u00e9 pour se marier de celle-ci. Cette situation, souvent tr\u00e8s controvers\u00e9e, finit par encourager la jeune fille \u00e0 s\u2019enfuir avec le gar\u00e7on qu\u2019elle aime. G\u00e9n\u00e9ralement, c\u2019est \u00e0 cause de la d\u00e9faillance des parents du gar\u00e7on, qui ont accus\u00e9 beaucoup de retard dans l\u2019amorce de la proc\u00e9dure de la dot, que ce genre de situation peut se produire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, lorsque le parent du gar\u00e7on est signal\u00e9 solennellement et dans un d\u00e9lai raisonnable, la visite au domicile&nbsp; des parents de la fille est libre et m\u00eame obligatoire jusqu\u2019au mariage (rendre visite, saluer, apporter du savon). Dans ce cas de figure, apr\u00e8s deux ou trois visites des pr\u00e9tendants au domicile des parents de la fille, une personne majeure (oncle du gar\u00e7on, voisin du p\u00e8re ou ami, \u2026) ira rencontrer le p\u00e8re de la fille pour lui parler de l\u2019objet de la visite de leur enfant qui va tourner autour du projet de la dot de la fille&nbsp;; cette visite se fait t\u00f4t vers 5 heures ou aux environs de 19 heures, des heures marquant la discr\u00e9tion de la d\u00e9marche. Il s\u2019agit d\u2019exprimer la candidature du jeune gar\u00e7on comme pr\u00e9tendant pour la jeune fille et accessoirement de v\u00e9rifier si la jeune fille courtis\u00e9en\u2019est pas d\u00e9j\u00e0 une fianc\u00e9e. Le langage utilis\u00e9 en pareille circonstance fait appel aux par\u00e9mies. Le messager dira par exemple&nbsp;: \u00ab <strong>Gufo na&nbsp;<\/strong><strong>\u0259<\/strong><strong>\u014bkile n\u0259de&nbsp;\u0259\u014bgla&nbsp;<\/strong>;&nbsp;<strong>d\u0259f tai azat sa&nbsp;?<\/strong> \u00bb&nbsp; Traduction&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Je suis venu chez toi demander une gourde pour puiser de l\u2019eau&nbsp;; est ce que quelqu\u2019un m\u2019a devanc\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Deux r\u00e9ponses sont possibles de la part du chef de famille de la fille :<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, il y a d\u00e9j\u00e0 quelqu\u2019un qui vous a devanc\u00e9. Dans ce cas la demande ne peut \u00eatre accord\u00e9e. Il ne restera plus au candidat que d\u2019user des rencontres clandestines, s\u2019il veut pers\u00e9v\u00e9rer dans ses intentions d\u2019\u00e9pouser la fille vis\u00e9e. Si la fille est, de son c\u00f4t\u00e9 consentante, les jeunes gens arrangeront un rapt (\u00ab&nbsp;<strong>\u0259g\u0259m zile<\/strong>&nbsp;\u00bb) mettant les parents devant un fait accompli. Un mariage peut \u00e9ventuellement s\u2019en suivre si les parents peuvent tol\u00e9rer la surprise d\u00e9sagr\u00e9able caus\u00e9e par le rapt de leur fille et on rembourse la dot du pr\u00e9tendant d\u00e9chu. En cas de refus des parents, ils r\u00e9cup\u00e8reront leur fille et contre son gr\u00e9, l\u2019enverront en mariage chez le pr\u00e9tendant qui a perdu son cr\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse peut \u00eatre&nbsp;: \u00ab&nbsp;non, il n\u2019y a personne qui est signal\u00e9e pour le moment&nbsp;\u00bb. Une telle r\u00e9ponse ouvre la porte \u00e0 la possibilit\u00e9 de doter la fille, car il n\u2019y a aucun autre pr\u00e9tendant. Le \u00ab<strong>Metive\/Metve\u00bb<\/strong> ou charg\u00e9 de mission rentre rapporter au p\u00e8re du gar\u00e7on la bonne nouvelle re\u00e7ue du p\u00e8re de la fille. Il faut noter que, la dot d\u2019une fille pour son fils est un devoir pour le parent (p\u00e8re), surtout la premi\u00e8re femme du gar\u00e7on. La m\u00e8re&nbsp; de la fille est au centre du secret de celle-ci.&nbsp; Elle est consult\u00e9e par le p\u00e8re pour savoir si la fille aime le gar\u00e7on qui d\u00e9marche pour le mariage. La r\u00e9ponse affirmative de la m\u00e8re&nbsp; rassure le p\u00e8re de la fille. Aussi, la m\u00e8re de la fille peut contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9chec du projet de mariage parce que, capable de d\u00e9tourner sa fille qui peut changer d\u2019avis \u00e0 tout moment.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce type de mariage, en dehors du choix des jeunes gens entre eux, qui se noue au gr\u00e9 des rencontres (\u00e0 la danse du violon, au march\u00e9, etc), comme nous venons de le d\u00e9crire ci-dessus, par le pass\u00e9 et rarement encore aujourd\u2019hui, la future \u00e9pouse pouvait aussi \u00eatre choisie par les parents (le p\u00e8re ou la m\u00e8re) du gar\u00e7on, pour des raisons qu\u2019ils croient \u00eatre les meilleures&nbsp;: le comportement de la petite fille ou le statut des parents. Le choix peut d\u2019ailleurs se faire d\u00e8s la naissance et m\u00eame avant la naissance. Un parent dira \u00e0 une femme enceinte&nbsp;: \u00ab<em>si l\u2019enfant que tu accoucheras est une fille, elle sera mon \u00e9pouse ou l\u2019\u00e9pouse de mon enfant un tel<\/em>.\u00bb Avant l\u2019accouchement, il se chargera de pr\u00e9parer la layette, constitu\u00e9e d\u2019\u00e9corce de <em>Pliostigma<\/em> ou <em>Bahaunia thoningii<\/em> (<em>bes\u0257eke<\/em>), travaill\u00e9e pour lui conf\u00e9rer une texture douce, appel\u00e9e <em>b\u0259ssa<\/em>. Si l\u2019enfant qui na\u00eet est un gar\u00e7on, il sera alors un ami \u00e0 celui qui lui a pr\u00e9par\u00e9 le couchage&nbsp;; mais si c\u2019est une fille, cette blague peut se concr\u00e9tiser. Nous pouvons rapporter le cas d\u2019une fille de Djougui, dans les ann\u00e9es 70, qu\u2019un Monsieur dans la quarantaine avait propos\u00e9 d\u2019\u00e9pouser, \u00e0 sa naissance. Il a persist\u00e9 dans cette folle id\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge du mariage. Devenue grande, cette jolie fille tr\u00e8s courtis\u00e9e par les jeunes, d\u00e9couvrait qu\u2019elle \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 un vieil homme, d\u2019ailleurs, bien plus vieux que son papa. Elle refusa ce mariage, mais la dot vers\u00e9e en plus d\u2019une d\u00e9cennie, \u00e9tait tellement \u00e9lev\u00e9e que les parents se sentaient oblig\u00e9s \u00e0 tenir \u00e0&nbsp; leur parole. Mal leur en a pris, la jeune fille pr\u00e9f\u00e9ra le deuxi\u00e8me type de mariage dont il sera question plus loin et s\u2019en alla avec un jeune homme de son choix, faisant tra\u00eener son papa devant le tribunal coutumier pour le remboursement de la dot.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>La phase dite <em>\u0259basa<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les renseignements pris pour savoir si la fille avait un pr\u00e9tendant et avoir jug\u00e9 de son comportement et de l\u2019attitude de ses parents comme bienveillante,&nbsp; un charg\u00e9 de mission \u00ab&nbsp;<strong>metive ou metve<\/strong>&nbsp;\u00bb va \u00eatre choisi pour repr\u00e9senter la famille du gar\u00e7on aupr\u00e8s de la future belle famille. Il sera l\u2019infatigable interm\u00e9diaire et va faire toutes les commissions entre les deux familles.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;L\u2019intention du candidat peut simplement s\u2019exprimer en envoyant un poulet brais\u00e9 aux parents de celle sur qui il a jet\u00e9 son d\u00e9volu (<em>\u0259rma t\u0259lta<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, comme le rapporte ce parent interrog\u00e9 \u00e0 Biou, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970, pour bien faire, le messager du candidat reviendra dans la famille de la fille avec&nbsp;une somme de 50.000 F, 2 pi\u00e8ces de pagnes, 2 paires de chaussures (une simple, l\u2019autre plus bien pour les sorties), un porte-monnaie contenant la somme de 2000 francs, une paire de boucles d\u2019oreille, deux sous-v\u00eatements, deux morceaux de savon, un parfum, une pommade cosm\u00e9tique, des bracelets, etc. Tout ce trousseau va repr\u00e9senter l\u2019entr\u00e9e en mati\u00e8re de dot dite \u00ab&nbsp;<strong>z\u0259ga na&nbsp;\u0259basa,&nbsp;\u0259rma t\u0259lta,&nbsp;\u0259rma vata <\/strong>ou<strong> na kirmeminle<\/strong>&nbsp;\u00bb. Tous ces termes signifient la m\u00eame chose. Le p\u00e8re de la fille va inviter la fille, en pr\u00e9sence de sa maman, pour l\u2019informer&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>ces biens qu\u2019on a apport\u00e9s,&nbsp; c\u2019est M. <strong>Z<\/strong> qui voulait te doter pour \u00eatre l\u2019\u00e9pouse&nbsp; de son enfant <strong>Y&nbsp;<\/strong>; est- ce que je dois les prendre, oui ou non&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb En cas d\u2019une r\u00e9ponse affirmative, le p\u00e8re et la fille peuvent utiliser ce qu\u2019ils ont re\u00e7u. Dans le cas contraire, on invite le charg\u00e9 de mission \u00e0 venir r\u00e9cup\u00e9rer tout ce qu\u2019il a apport\u00e9 dans un bref d\u00e9lai. En cas de r\u00e9ponse affirmative de la fille et avant d\u2019utiliser argent et pr\u00e9sents, le p\u00e8re de la fille fait appel \u00e0 ses fr\u00e8res pour \u00e9changer avec eux par rapport au projet de mariage de sa fille avec l\u2019enfant de <strong>Z.<\/strong> S\u2019il n\u2019y pas d\u2019inconv\u00e9nients, le feu vert ou l\u2019accord est obtenu pour la dot&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>d\u0259kaita<\/strong>&nbsp;(<em>qu\u2019il la dote&nbsp;!<\/em>)\u00bb. A partir de ce moment, la fille va se comporter comme une fille qui a un pr\u00e9tendant et ne saurait s\u2019arr\u00eater devant les appels ou les avances des autres gar\u00e7ons. Aucune autre visite dans le cadre de fian\u00e7ailles ne peut \u00eatre admise au domicile des parents exception faite, celle du pr\u00e9tendant et des membres de sa famille proche.<\/p>\n\n\n\n<p>Le charg\u00e9 de mission \u00ab&nbsp;<strong>metive <\/strong>ou<strong> metve<\/strong>&nbsp;\u00bb reviendra apr\u00e8s le paquet d\u2019entr\u00e9e en mati\u00e8re pour comprendre la d\u00e9cision finale de la&nbsp; grande famille suite \u00e0 la concertation du p\u00e8re de la fille avec ses fr\u00e8res. Si la d\u00e9cision est favorable (\u00ab&nbsp;d\u0259kaita&nbsp;\u00bb), les \u00e9tapes suivantes&nbsp;seront engag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas o\u00f9 l\u2019intention premi\u00e8re est exprim\u00e9e d\u00e8s la naissance de la fillette, celle-ci doit \u00eatre valid\u00e9e quand la fille aura un peu grandi. Le pr\u00e9tendant se manifestera pendant plusieurs ann\u00e9es par une attitude bienveillante et de petits cadeaux (fagots de bois \u00e0 la m\u00e8re de la fille, du tabac pour le beau-p\u00e8re) et on attendra alors qu\u2019elle ait autour de 10-12 ans pour entamer la phase de <em>\u0259basa<\/em>. Si ce pr\u00e9tendant \u00ab&nbsp;pr\u00e9coce&nbsp;\u00bb d\u00e9siste ou meurt ou encore si les parents de la fille le r\u00e9cusent, quelqu\u2019un d\u2019autre peut se pr\u00e9senter.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, pour entamer le <em>\u0259basa,<\/em> la jeune fille est enlev\u00e9e et emmen\u00e9e symboliquement chez le pr\u00e9tendant (<em>\u0259g\u0259m\u0259t s\u0259ba zlava<\/em>) pour quelques jours avant d\u2019\u00eatre ramen\u00e9e chez ses parents, accompagn\u00e9e d\u2019une ch\u00e8vre et de la farine de mil. Apr\u00e8s une saison des pluies au cours de laquelle le jeune pr\u00e9tendant, aid\u00e9 de ses amis, aura fait labourer les champs de la future belle-m\u00e8re, ses parents entreprendront une premi\u00e8re d\u00e9marche comptant comme <strong>dot<\/strong><a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> constitu\u00e9e de 10 houes et d\u2019un semoir (<em>sakar<\/em>). Les houes seront partag\u00e9es \u00e0 parts \u00e9gales entre le p\u00e8re et la m\u00e8re de la jeune fille. Chacun des parents en offrira \u00e0 certains membres de sa famille&nbsp;: le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 du p\u00e8re en recevra 2 et, du c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e8re, l\u2019oncle de la fille en recevra 2 et la tante une.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>\u0259<\/strong><strong>ttok mb\u0259\u0257a<\/strong> \u00ab rencontre pour\u00a0fixer le montant de la dot\u00a0\u00bb.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les pratiques rapport\u00e9es de Biou, le p\u00e8re du gar\u00e7on une fois rassur\u00e9 par le charg\u00e9 de mission de la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir&nbsp; une union entre les deux familles \u00e0 travers la dot de la jeune fille, va pr\u00e9parer la bi\u00e8re de mil, \u00ab&nbsp;<strong>\u0259<\/strong><strong>dah&nbsp;bia<\/strong>&nbsp;\u00bb, pour inviter la belle-famille \u00e0 son domicile \u00e0 l\u2019effet de fixer le montant de la dot. Il s\u2019agit de <strong>\u00ab&nbsp;\u0259ttok mb\u0259\u0257a<\/strong>&nbsp;\u00bb. Pour ce faire, le p\u00e8re du jeune gar\u00e7on \u00e9gorge une ch\u00e8vre et un poulet pour recevoir ses h\u00f4tes. Il prendra les deux pattes post\u00e9rieures de la ch\u00e8vre \u00ab&nbsp;<strong>m\u00e9t\u00e9ss\u00e9<\/strong>&nbsp;\u00bb et une partie du vin <strong>\u00ab&nbsp;bia hi\u014bzuw<\/strong>&nbsp;\u00bb pour \u00eatre achemin\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t le matin (entre 4- 5 heures du matin) par deux femmes chez le p\u00e8re de la fille pour le compte de la m\u00e8re de la fille \u00e0 \u00e9pouser. En effet, on donne cette part de boisson et de nourriture \u00e0 la belle-m\u00e8re parce qu\u2019elle ne prendra pas part \u00e0 la rencontre de fixation de la dot qui a lieu chez le p\u00e8re du beau fils. A une certaine heure de la journ\u00e9e, le p\u00e8re de la fille et ses fr\u00e8res se rendent au domicile de la future belle famille pour fixer et conclure le montant de la dot qui deviendra un contrat que les parties devront respecter. Le p\u00e8re du pr\u00e9tendant aura aussi invit\u00e9 ses fr\u00e8res pour la discussion afin que la d\u00e9fense soit assur\u00e9e, de mani\u00e8re polie et que les deux familles d\u00e9battent et trouvent un consensus.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois les h\u00f4tes accueillis et install\u00e9s, le repas du poulet va \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 en premier lieu, suivi de la boisson en quantit\u00e9s limit\u00e9es. Les deux&nbsp; parents (de la fille et du gar\u00e7on) en pr\u00e9sence discutent,&nbsp; fixent le montant de la dot de la fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois le consensus trouv\u00e9 entre les deux familles, le montant de la dot est ainsi fix\u00e9&nbsp;;&nbsp; on est dans la joie, de part et d\u2019autre. On apporte la nourriture, faite de viande de ch\u00e8vre qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9gorg\u00e9e&nbsp;pour la circonstance ; la bi\u00e8re de mil (<em>bia<\/em>, ou <em>bilbil<\/em>) est \u00e9galement servie cette fois-ci en quantit\u00e9 suffisante.&nbsp; Au moment de quitter les lieux, une somme de 5.000 F est remise au p\u00e8re de la fille,&nbsp;\u00ab<strong>&nbsp;isilg\u0259n mb\u0259\u0257ah<\/strong>&nbsp;\u00bb. Le p\u00e8re rentre avec ses fr\u00e8res \u00e0 son domicile o\u00f9 ils vont manger la nourriture (part de la m\u00e8re) avec elle et boire avec tous les membres de la famille. Les 5.000 F re\u00e7us par le p\u00e8re de la fille vont \u00eatre d\u00e9pens\u00e9s (ce dernier ach\u00e8te de la bi\u00e8re \u00e0 ses fr\u00e8res et aux autres membres de sa famille).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les t\u00e9moignages des parents de Djougui, lors de la phase dite <em>\u0259ttok mb\u0259\u0257a<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a><\/em>, les parents du pr\u00e9tendant pr\u00e9parent de la bi\u00e8re du mil et en envoient 3 \u00e0 5 jarres aux futurs beaux-parents (ou ils envoient du mil chez les futurs beaux-parents qui se chargent de pr\u00e9parer la bi\u00e8re chez eux), accompagn\u00e9e de la viande de ch\u00e8vre<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a> et de quelques pr\u00e9sents&nbsp;: quelques ch\u00e8vres, des houes, du tabac (<em>tapa massa\u014b<\/em>), 1 ou 2 sac de sel et des habits (avant la popularisation du tissu pagne, on offrait une parure tiss\u00e9e \u00e0 partir des cordages extraits des palmes des r\u00f4niers). Les parents de la jeune fille inviteront les membres proches de leur famille, \u00e0 savoir les oncles paternels et maternels, des voisins, en pr\u00e9sence du messager, pour leur annoncer la bonne nouvelle et leur demander leur avis. Si jamais quelqu\u2019un dans la famille a une r\u00e9serve li\u00e9e \u00e0 un contentieux ou de toute autre nature, c\u2019est le lieu d\u2019en d\u00e9battre. Les contentieux qui sont les plus lourds et peuvent conduire au refus du mariage portent sur les crimes non amnisti\u00e9s (<em>pi\u0257e<\/em>) ou le&nbsp; rapt d\u2019une femme dans le clan de la jeune fille par un membre du clan du pr\u00e9tendant (<em>masa<\/em>). Dans le cas de refus, les biens apport\u00e9s dans le cadre de la \u00ab&nbsp;dot&nbsp;\u00bb sont rendus et la proc\u00e9dure arr\u00eat\u00e9e. Les autres petits conflits (simples bagarres, vol du petit b\u00e9tail par un membre du clan du pr\u00e9tendant chez le clan des parents de la jeune fille) peuvent se r\u00e9soudre par une demande de pardon ou une petite amende (une ou quelques ch\u00e8vres). Si on est d\u2019accord et qu\u2019on a bu la bi\u00e8re et mang\u00e9 la ch\u00e8vre, l\u2019oncle paternel prendra la parole pour valider les fian\u00e7ailles, en ces termes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>cet homme (en s\u2019adressant au messager) qui nous r\u00e9unit est venu en ami&nbsp;; puisqu\u2019il ne s\u2019agit pas de bagarre, pour ma part, je n\u2019ai aucune objection \u00e0 ce sa d\u00e9marche<\/em>&nbsp;\u00bb. L\u2019oncle maternel acquiescera&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>moi, je suis l\u2019\u00e9paule de l\u2019animal&nbsp;; je ne peux pas aller contre ce que le p\u00e8re de la fille a dit<\/em>&nbsp;\u00bb. Ces paroles prononc\u00e9es, les fian\u00e7ailles vont se poursuivre. Le candidat sera officiellement le seul fianc\u00e9 (<em>\u0257\u0259f tay azata<\/em>). Le fianc\u00e9 peut acheter deux bracelets en fer (<em>minzer<\/em>) que la jeune fille portera sur sa jambe gauche en signe de fian\u00e7ailles (les femmes mari\u00e9es portent le <em>minzer<\/em> sur la jambe droite) et un autre bracelet pour le poignet. Aujourd\u2019hui, cette phase d\u2019introduction a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par une somme d\u2019argent&nbsp; d\u2019un montant de 50.000 \u00e0 100.000 F, plus deux pi\u00e8ces de pagne, une paire de chaussures, une paire de sandalettes, une montre, des bracelets et des cha\u00eenes de cou.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc \u00e0 cette occasion de <em>\u0259ttok mb\u0259\u0257a<\/em> que le prix de la fianc\u00e9e sera fix\u00e9 et le messager inform\u00e9. Autrefois, cette partie de la dot appel\u00e9e <em>arya<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a><\/em> \u00e9tait constitu\u00e9e essentiellement d\u2019animaux&nbsp;: des bovins, m\u00e2les et femelles, surtout une g\u00e9nisse de 3 ou 4 ans ou une vache ayant mis bas une ou deux fois, des ch\u00e8vres, du tabac, des houes, du mil, de l\u2019habillement et des ustensiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es soixante et de plus en plus, tout cela est remplac\u00e9 par de l\u2019argent et de l\u2019habillement, soit une valise de pagnes, 10 pi\u00e8ces au moins, en plus de nouveaux habits comme les chaussures, les chaines de cou, des soutiens-gorge. Une partie des pagnes sera redistribu\u00e9e \u00e0 raison d\u2019une pour la belle-m\u00e8re, une pour la tante maternelle et une autre pi\u00e8ce pour la tante paternelle&nbsp;; une somme de 10.000 F pour l\u2019oncle maternel en lieu et place du bouc&nbsp;; 70.000 \u00e0 100.000 F pour la m\u00e8re en lieu et place du gros bouc et des assiettes&nbsp;; 100.000 \u00e0 300.000 F pour le p\u00e8re, comme la partie principale de la dot.<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La compensation matrimoniale est variable d\u2019une famille \u00e0 l\u2019autre et aussi plus \u00e9lev\u00e9e dans certains villages, notamment Bidzar et Biou, fortement influenc\u00e9s par le prix exorbitant chez les Moundang voisins.<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Voici le tableau de la valeur de la dot, rapport\u00e9e par un parent interview\u00e9 \u00e0 Biou.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>\u0259basa\/ z\u0259ga na mingle<\/td><td>50.000 F 2 pi\u00e8ces de pagnes plus frais de couture 2 paires de chaussures 2 paires des boucles d\u2019oreilles 1 paire de bracelets 1&nbsp; pommade cosm\u00e9tique 3 morceaux de savon (lessive\/bain) 1 soutien-gorge 2 sous-v\u00eatements 1 portemonnaie contenant 2000 frs 1&nbsp; parfum, une c collier etc.<\/td><td>Ceci&nbsp; d\u00e9pend de la volont\u00e9 du pr\u00e9tendant qui d\u00e9cide sans contrainte de montrer son amour pour la jeune fille en achetant tout ce qui peut rendre heureuse sa fianc\u00e9e.<\/td><\/tr><tr><td>Z\u0259ga na af\u0259t wa\u014bk\u0259<\/td><td>6 \u00e0 7 b\u0153ufs (vaches et taurillons confondus), 5 \u00e0 7 ch\u00e8vres (m\u00e2les et femelles).<\/td><td>Si en esp\u00e8ces une vache =75.000 F un taurillon sera \u00e9valu\u00e9 \u00e0&nbsp; 70.000 F une ch\u00e8vre = 10.000 F, un bouc castr\u00e9 15.000 F NB&nbsp;: le nombre femelles doit \u00eatre sup\u00e9rieur aux m\u00e2les. La valeur \u00e9galement parce que le genre f\u00e9minin peut se reproduire pour le compte de son propri\u00e9taire.<\/td><\/tr><tr><td>Z\u0259ga nat mat wa\u014bk\u0259<\/td><td>80.0\u032300 \u00e0&nbsp; 100.000 F<\/td><td>Pour acheter les ustensiles de cuisine \u00e0 la fille. Peut d\u00e9pendre des moyens du mari.<\/td><\/tr><tr><td>Z\u0259ga na g\u0259msa<\/td><td>Avant&nbsp;: une masse de tabac traditionnel d\u2019environ 1 \u00e0 2 Kg, une modeste ch\u00e8vre et une natte. \u00ab&nbsp;tappa massa\u014b d\u0259t hawk\u0259, g\u0259m kukuro&nbsp;\u00bb. Actuellement&nbsp;: 15.000 F plus une natte et un pagne.<\/td><td>A remettre \u00e0 l\u2019oncle maternel de la fille le jour de la c\u00e9r\u00e9monie de \u00ab&nbsp;\u0259\u0253ele\u00bb.<\/td><\/tr><tr><td>Z\u0259ga na&nbsp;\u0259\u0253ele ou z&nbsp;\u0259ga na gawla nat wank\u0259<\/td><td>6 \u00e0 8 pi\u00e8ces de pagnes suivant les moyens du mari, 1 sac de mil pour pr\u00e9parer le vin \u00e0 boire le jour de la c\u00e9r\u00e9monie dite de \u00ab\u0259\u0253ele\u00bb 1 demi-sac de mil (pour la farine) qui va servir de boules le jour du festin de \u00ab&nbsp;\u0259\u0253ele&nbsp;\u00bb 2 sacs de sel (1 pour le p\u00e8re et 1 pour la m\u00e8re)&nbsp;: pr\u00e9paration du festin et partage de chaque c\u00f4t\u00e9 des parents de la fille 3 ch\u00e8vres parmi lesquelles un bouc pour le festin et une pour l\u2019oncle maternel 2 paires de chaussures, bref tout ce qui rentre dans l\u2019\u00e9l\u00e9gance de la jeune fille, 1 valise pour contenir les v\u00eatements et celle-ci doit \u00eatre pleine de pagnes et autres. &nbsp;<\/td><td>Pour \u00eatre destin\u00e9 principalement \u00e0 la fille et une partie \u00e0 partager entre la grande famille (la m\u00e8re de la fille, les tantes paternelles et maternelles de la fille et \u00e9ventuellement les voisins, amis et connaissances) pour le cas de sel, cola, repas, vin) et pagne de fa\u00e7on symbolique.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le prix de la fianc\u00e9e rel\u00e8ve du devoir du p\u00e8re de tout gar\u00e7on. M\u00eame si la m\u00e8re peut contribuer (notamment en engraissant le bouc du mariage) et les oncles paternels et maternels peuvent aider, il revient \u00e0 un p\u00e8re la responsabilit\u00e9 de r\u00e9unir le n\u00e9cessaire pour le prix de la fianc\u00e9e de ses fils. C\u2019est pourquoi un p\u00e8re qui a beaucoup plus de gar\u00e7ons est \u00ab&nbsp;en probl\u00e8me&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a> alors que, au contraire, un p\u00e8re qui a plus de filles est assur\u00e9 de se constituer une petite fortune. Parfois, \u00e7a s\u2019\u00e9quilibre&nbsp;; un p\u00e8re re\u00e7oit une compensation matrimoniale pour sa fille et la transf\u00e8re \u00e0 une autre famille pour \u00ab&nbsp;doter&nbsp;\u00bb une femme \u00e0 son fils.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, comme on le voit de ce tableau rapportant le t\u00e9moignage de la dot \u00e0 Biou, l\u2019ensemble des d\u00e9penses s\u2019\u00e9l\u00e8vera \u00e0 800.000 ou m\u00eame un million. C\u2019est vrai que la situation n\u2019est pas partout pareille et s\u2019est bien assouplie. Biou est reconnu comme un village o\u00f9 le prix de la dot conna\u00eet une v\u00e9ritable inflation. On rapporte cette anecdote d&rsquo;un habitant de Biou qui s&rsquo;appelait Mallahi, qui r\u00e9agissait \u00e0 la dot qu&rsquo;un pr\u00e9tendant lui a pr\u00e9sent\u00e9,&nbsp; \u00e0 savoir 300.000 F. \u00ab\u00a0<em>Duwa, a\u014b na z\u0259ga naddev\u0259d k\u0259kiy\u0259\u014b ka\u014bsa<\/em>\u00ab\u00a0. Il demandait si la dot repr\u00e9sentait d&rsquo;abord \u00ab\u00a0le prix des tripes de la fille\u00a0\u00bb. Une fa\u00e7on de dire que c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s peu. Un habitant de Djougui nous disait il y a peu que la dot tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, c\u2019est du pass\u00e9. En effet,&nbsp; de nos jours, ce qui compte surtout c&rsquo;est l&rsquo;argent des assiettes, entre 50.000 et 70.000 F. Apr\u00e8s,&nbsp; si le pr\u00e9tendant est solide financi\u00e8rement,&nbsp; il peut donner jusqu&rsquo;\u00e0 100.000 F. Autrement,&nbsp; certains parents n&rsquo;insistent m\u00eame plus. Avoir une femme aujourd&rsquo;hui,&nbsp; c&rsquo;est cadeau,&nbsp; dit-il.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>La phase dite <em>\u0259\u0253ele<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Dans la proc\u00e9dure traditionnelle de <strong><em>\u0259daha<\/em><\/strong>, il va s\u2019\u00e9couler un an ou deux, avant qu\u2019on ne passe de <strong><em>\u0259basa<\/em><\/strong> \u00e0 la phase suivante, appel\u00e9e&nbsp;<strong><em>\u0259\u0253ele<\/em><\/strong>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mari-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-284\" srcset=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mari-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mari-300x225.jpg 300w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mari-768x576.jpg 768w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mari.jpg 1260w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, le pr\u00e9tendant va entretenir les champs et la toiture de la case de la future belle-m\u00e8re&nbsp;; lors des f\u00eates annuelles (<em>wuzlra na d\u0259gla<\/em>, la f\u00eate des r\u00e9coltes et <em>wulzra na g\u0259ma<\/em>, la grande f\u00eate), il va offrir de petits cadeaux \u00e0 la belle-m\u00e8re. Au cours de la f\u00eate de <em>d\u0259gla<\/em>, le petit tamtam, qui a lieu en octobre, diff\u00e9rents types de panier (2 <em>gadava\u00ef<\/em>, un panier pour les l\u00e9gumes et 2 <em>k\u0259kg\u0259la et 2 kenkele<\/em>&nbsp;: <em>k\u0259kg\u0259la&nbsp; <\/em>estun panier fabriqu\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019<em>Imperata cylindrica<\/em>, comme doublure du <em>kenkele<\/em>, fait \u00e0 partir de branchettes d\u2019un arbuste portant le nom <em>kenkele <\/em>(<em>Securinega virosa<\/em>), une cl\u00f4ture (<em>zlava<\/em>) pour le hangar de la belle-m\u00e8re. A l\u2019occasion de la f\u00eate de guma (ou <em>g\u0259ma<\/em>),&nbsp; en f\u00e9vrier de chaque ann\u00e9e, le jeune pr\u00e9tendant rendra visite \u00e0 sa belle-m\u00e8re avec deux nattes (la natte sera attach\u00e9e avec tu tissu <em>gabaga<\/em>, dans le temps, un pagne, aujourd\u2019hui), du fagot de bois (<em>matoffo na way<\/em>). En retour, le futur gendre sera re\u00e7u par sa belle-m\u00e8re, en compagnie des amis qui l\u2019aident lors des travaux champ\u00eatres. Des plats de f\u00eate soign\u00e9s et de la bi\u00e8re de mil leur seront servis.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant les fian\u00e7ailles, le pr\u00e9tendant se doit de rendre visite de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 sa fianc\u00e9e, g\u00e9n\u00e9ralement en compagnie d\u2019un ou de deux de ses amis&nbsp;; ces visites se passent en soir\u00e9e, mais \u00e7a s\u2019arr\u00eate \u00e0 de simples causeries&nbsp;; c\u2019est d\u2019ailleurs pour \u00e9viter des tentations de rapports plus intimes que le pr\u00e9tendant ira toujours, pour ces visites, avec un compagnon.<\/p>\n\n\n\n<p>A une semaine de <em>\u0259\u0253ele<\/em>, la fille est envoy\u00e9e chez son futur mari. Elle dormira chez une femme de son beau-p\u00e8re ou, \u00e0 d\u00e9faut, chez sa belle-m\u00e8re, mais, en aucun cas, avec son fianc\u00e9. Puis, elle sera ramen\u00e9e au cours d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie o\u00f9 sera exhib\u00e9e une partie de la dot compos\u00e9e de plusieurs \u00e9l\u00e9ments. Des animaux vivants&nbsp;: une pour la m\u00e8re, un vrai bouc bien engraiss\u00e9 (<em>murgo nat mata<\/em>), un jeune bouc pour les oncles maternels de la fille (<em>porsok na g\u0259msa<\/em>), des ch\u00e8vres pour le p\u00e8re.&nbsp; Il y a aussi de l\u2019habillement&nbsp;: des parures, des colliers (<em>everzle m\u0259baya<\/em>, <em>songoro<\/em>, <em>zigida<\/em>), un <em>tiki\u0257e<\/em>, un <em>bokkro<\/em> ou <em>mampa\u0257ak<\/em> (cache-sexe) et un miroir, consid\u00e9r\u00e9 il y a quelques d\u00e9cennies, comme un objet de valeur. D\u2019autres objets sont&nbsp;: des ustensiles de cuisine (calebasses, autrefois, assiettes plus tard), un semoir et une houe pour la fille. Et bien entendu, de la nourriture destin\u00e9e aux noces du mariage au cours desquelles la famille \u00e9largie (le clan) de la fille et son clan maternel seront officiellement inform\u00e9es et engag\u00e9es par ce mariage&nbsp;: de la viande d\u2019un bouc engraiss\u00e9 \u00e0 cet effet, de la bi\u00e8re du mil. Lorsque le cort\u00e8ge du mariage passe dans le village, de la concession du pr\u00e9tendant pour rejoindre la concession des parents de la mari\u00e9e, g\u00e9n\u00e9ralement un peu avant la tomb\u00e9e de la nuit, sous les youyous (<em>salala\u00ef<\/em>) des femmes qui portent les cadeaux de mariage, les curieux \u00e9pient, souvent en regardant par-dessus la cl\u00f4ture, pour appr\u00e9cier le nombre de marmites de bi\u00e8re et l\u2019\u00e9tat d\u2019engraissement du bouc. En effet, plus que les t\u00eates de b\u0153ufs, le nombre de canaris de bi\u00e8re et l\u2019\u00e9tat d\u2019engraissement des boucs signent la qualit\u00e9 du mariage.<\/p>\n\n\n\n<p>On organise une grande f\u00eate pour c\u00e9l\u00e9brer ce mariage, f\u00eate qui regroupera les membres des clans paternels et maternels de la mari\u00e9e. C\u2019est cette c\u00e9l\u00e9bration qui scelle les liens entre la famille de la jeune fille et celle de son futur \u00e9poux. Et c\u2019est parce que les membres des clans maternel et paternel de la fille ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s au mariage qu\u2019ils seront collectivement concern\u00e9s par ce qui lui arrivera dans son foyer, notamment la f\u00eate des jumeaux si elle arrivait \u00e0 en faire, le d\u00e9c\u00e8s de ses enfants, de son mari ou sa propre mort. Si une famille envoyait sa fille en mariage sans partager la nourriture et la bi\u00e8re offertes par la belle-famille, les membres des clans maternel et paternel l\u2019abandonneront devant des \u00e9preuves n\u00e9cessitant la solidarit\u00e9 autour de leur fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 la nourriture et \u00e0 la bi\u00e8re qu\u2019on partage entre les membres du clan, la partie de la compensation matrimoniale dite <em>arya<\/em> n\u2019est pas r\u00e9partie au sein du clan.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le t\u00e9moignage rapport\u00e9 de Biou, la p\u00e9riode s\u00e9parant la fixation de la dot et le <em>\u0259\u0253ele<\/em> est beaucoup plus courte. En effet, dans l\u2019intervalle d\u2019une \u00e0 deux semaines qui suivent la fixation du&nbsp; montant de la dot, le parent du gar\u00e7on doit faire une avance&nbsp;: un ou deux b\u0153ufs ou alors un montant d\u2019argent correspondant \u00e0 la valeur de l\u2019animal initialement fix\u00e9 d\u2019avance. Suivant les moyens dont dispose le beau parent et une fois que le processus est enclench\u00e9, on doit \u00e9galement donner la part de la m\u00e8re de la fille&nbsp;\u00ab<strong>&nbsp;z<\/strong><strong>\u0259<\/strong><strong>ga nat mata <\/strong>ou<strong> z\u0259ga nat mat wa\u014bk\u0259<\/strong>&nbsp;\u00bb dont le montant peut \u00eatre variable en fonction de la capacit\u00e9 financi\u00e8re du futur mari.<\/p>\n\n\n\n<p>La dot normalement constitu\u00e9e ne saurait oublier la part qui revient obligatoirement \u00e0 l\u2019oncle maternel \u00ab&nbsp;<strong>z\u0259ga na g\u0259msa&nbsp;<\/strong>\u00bb. Auparavant, l&rsquo;oncle maternel (l&rsquo;a\u00een\u00e9&nbsp; des oncles si leur p\u00e8re est vivant, le suivant si l&rsquo;a\u00een\u00e9 est devenu l&rsquo;h\u00e9ritier et donc occupe en ce moment la position du grand p\u00e8re de la fille) recevait une \u00e9paule (<strong>papaya na g\u0259msa<\/strong>) et le <strong>tapa massa\u014b<\/strong> \u00e0 la phase <em>\u0259basa<\/em> puis un jeune bouc&nbsp; (<strong>porsok na g\u0259msa<\/strong>) et naturellement la bi\u00e8re de mil \u00e0&nbsp; la phase de <em>\u0259\u0253ele<\/em>. Mais de nos jours, c\u2019est une somme de 15.000 F, une natte attach\u00e9e en son milieu par un pagne qui sera&nbsp; remis \u00e0 une des tantes maternelles. Effectivement le g\u0259msa doit \u00eatre respect\u00e9 car ce sont les oncles et tantes maternels qui sont les mieux plac\u00e9s pour donner des b\u00e9n\u00e9dictions \u00e0 leurs neveux et ni\u00e8ces et, a contrario, qui peuvent \u00e9galement lancer une mal\u00e9diction sur ceux-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>La phase que nous qualifions ici de <strong><em>\u0259\u0253ele<\/em><\/strong> correspond au moment d\u2019organiser le festin \u00e0 l\u2019attention de la famille de la jeune fille et de lui pr\u00e9senter son paquetage (\u00ab&nbsp;<strong>Z\u0259ga na&nbsp;\u0259daha<\/strong>&nbsp;\u00bb ou <strong>\u00ab&nbsp;z\u0259ga na gawla nat wa\u014bk\u0259<\/strong>&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le repas des noces, il faut pour appr\u00eater entre autres&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>1 sac de mil<\/td><td>Pour pr\u00e9parer la bi\u00e8re.<\/td><\/tr><tr><td>\u00bd sac de mil \u00e0 \u00e9craser en farine<\/td><td>Pour faire la p\u00e2te (\u00ab&nbsp;boule de mil&nbsp;\u00bb) le jour festin.<\/td><\/tr><tr><td>2 sacs de sel<\/td><td>A partager aux proches&nbsp;de la m\u00e8re et du p\u00e8re : familles, voisins et amis.<\/td><\/tr><tr><td>3 ch\u00e8vres (parmi lesquelles un gros bouc castr\u00e9)<\/td><td>Pour pr\u00e9parer le repas du festin lors de \u00ab&nbsp;<em>\u0259\u0253ele<\/em>\u00bb et la part qui revient \u00e0 l\u2019oncle maternel (\u00ab&nbsp;g\u0259msa&nbsp;\u00bb.<\/td><\/tr><tr><td>6 \u00e0 8 pi\u00e8ces de pagnes<\/td><td>Pour la fille, sa m\u00e8re et ses tantes maternelles et paternelles.<\/td><\/tr><tr><td>1 valise<\/td><td>Pour servir de contenant des pagnes et autres v\u00eatements et cadeaux de la fille.<\/td><\/tr><tr><td>La farine \u00e0 la patte d\u2019arachide \u00ab&nbsp;k\u0259pa m\u0259baya&nbsp;\u00bb (un g\u00e2teau consomm\u00e9 en p\u00e2te dans de l\u2019eau)<\/td><td>A partager aux proches.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Toutes les familles de la belle-famille (fr\u00e8res et s\u0153urs du p\u00e8re de la fille) et les oncles maternels de la fille sont invit\u00e9s \u00e0 prendre part \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de \u00ab&nbsp;<strong><em>\u0259\u0253ele <\/em><\/strong>\u00bb. Les fr\u00e8res et s\u0153urs du p\u00e8re du pr\u00e9tendant ne sont pas exclus de cette rencontre. Ainsi donc, les oncles les plus \u00e2g\u00e9s de chaque groupe vont informer leurs fr\u00e8res et s\u0153urs pour prendre part au festin programm\u00e9. Deux groupes sont install\u00e9s&nbsp;: le groupe des \u00ab&nbsp;<strong><em>mb\u0259\u0257a<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (ceux du clan de la fianc\u00e9e) et le groupe de \u00ab&nbsp;<strong><em>g\u0259msa<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (le clan des oncles maternels de la fianc\u00e9e) auxquels vont se joindre la famille du pr\u00e9tendant pour partager le festin. Deux ch\u00e8vres vont \u00eatre abattues et pr\u00e9par\u00e9es. Seule la ch\u00e8vre r\u00e9serv\u00e9e pour l\u2019oncle maternel va \u00eatre remise vivante \u00e0 ce dernier, y compris la natte et un pagne qu\u2019une des tantes va prendre. C\u2019est le plus \u00e2g\u00e9 qui prendra la ch\u00e8vre.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>L\u2019envoi de la fille en mariage<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Selon les pratiques rapport\u00e9es \u00e0 Djougui, apr\u00e8s quelques semaines ou quelques mois, le t\u00e9moin du mariage ou messager (<em>metive<\/em>) se verra confier la fille pour la conduire chez son mari.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, le t\u00e9moignage de Biou rapporte que, apr\u00e8s le d\u00e9roulement de la c\u00e9r\u00e9monie&nbsp; dite de <strong><em>\u0259\u0253ele<\/em><\/strong> qui aura impliqu\u00e9 toutes les trois familles (celles du p\u00e8re du gar\u00e7on, du p\u00e8re de la fille et de l\u2019oncle maternel de la fille) suivie de la r\u00e9jouissance et du partage du festin qui se sont bien d\u00e9roul\u00e9s, le p\u00e8re du gar\u00e7on peut envoyer sans h\u00e9sitation le \u00ab&nbsp;Metive&nbsp;\u00bb aller demander la fille en mariage. Bien qu\u2019il ne soit pas n\u00e9cessaire que la totalit\u00e9 de la dot soit apur\u00e9e, deux semaines apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie de <strong><em>\u0259\u0253ele<\/em><\/strong> et suivant les moyens dont dispose le p\u00e8re du pr\u00e9tendant, on pr\u00e9pare le vin, on \u00e9gorge une ch\u00e8vre dont la totalit\u00e9 de la viande sera envoy\u00e9e chez la belle-famille; m\u00eame la peau ne peut rester au domicile, celle-ci servira \u00e0 emballer la viande de la ch\u00e8vre. On&nbsp; ajoute \u00e0 cette viande tout le n\u00e9cessaire pour la pr\u00e9paration (farine, huile, sel, gombo etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s t\u00f4t le matin vers 4 heures 30&nbsp; ou 5 heures ou alors entre 19 heures et 20 heures 30, la bi\u00e8re de mil et la viande de la ch\u00e8vre sont envoy\u00e9s au domicile du p\u00e8re de la fille. Le choix de ces horaires n\u2019est pas un fait de hasard, ils permettent d\u2019assurer la discr\u00e9tion lors du transfert entre la famille du gar\u00e7on et celle de la fille. Si l\u2019on n\u2019est pas capable d\u2019avoir les biens (bi\u00e8re, ch\u00e8vres et compl\u00e9ment), on peut envoyer le charg\u00e9 de mission \u00ab&nbsp;<em>metive<\/em>&nbsp;\u00bb avec la somme de 10.000 F pour plaider et demander la fille en mariage.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Apr\u00e8s avoir consomm\u00e9 la ch\u00e8vre et bu la bi\u00e8re en famille (restreinte) cette fois-ci, deux camarades de la jeune fille ou ses petites s\u0153urs et elle-m\u00eame vont ramener, chez le p\u00e8re du pr\u00e9tendant, les r\u00e9cipients avec lesquels on a apport\u00e9 les victuailles. Si le p\u00e8re du gar\u00e7on est t\u00e9m\u00e9raire, il peut retenir la fille. Elle ne retourne plus chez ses parents. Il dira \u00e0 ses camarades ou ses s\u0153urs de rentrer dire au p\u00e8re de la fille&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>j\u2019ai confisqu\u00e9 ma belle-fille<\/em>&nbsp;\u00bb. Le mariage peut \u00eatre ainsi confirm\u00e9 \u00e9tant donn\u00e9 que le contrat fix\u00e9 est achev\u00e9 ou alors il ne reste plus grand-chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Normalement la fianc\u00e9e revient au domicile de ses parent et apr\u00e8s une semaine, le charg\u00e9 de mission \u00ab&nbsp;metive&nbsp;\u00bb ira \u00e0 la rencontre du p\u00e8re de la fille pour la r\u00e9clamer. \u00ab&nbsp;<em>Je suis venu \u00e0 la recherche de&nbsp;&nbsp;ma gourde pour puiser de l\u2019eau<\/em>. <em>Qu\u2019en dites-vous&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb Le p\u00e8re de la fille r\u00e9pondra&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Rentrez, j\u2019ai compris.<\/em>&nbsp;\u00bb Il va alors se concerter avec son \u00e9pouse au sujet du d\u00e9part de leur fille en mariage. Une fois le consensus trouv\u00e9, il fera appel au charg\u00e9 de mission \u00e0 qui on remettra la fille qui sera raccompagn\u00e9e d\u2019un de ses fr\u00e8res ou d\u2019un cousin pour rejoindre le domicile du p\u00e8re du pr\u00e9tendant. Ceci se d\u00e9roulera pendant la nuit, entre 20 heures et 21 heures. Une fois \u00e0 cette destination, le beau-p\u00e8re de la fille va remettre un poulet au fr\u00e8re ou \u00e0 l\u2019oncle de la fille qui l\u2019aura accompagn\u00e9, en guise de remerciement. Parfois, le beau-p\u00e8re heureux et satisfait peut m\u00eame r\u00e9compenser ces accompagnateurs d\u2019une ch\u00e8vre, montrant \u00e0 l\u2019occasion qu\u2019il est \u00e9conomiquement un homme ais\u00e9&nbsp;! La belle m\u00e8re ou alors sa co\u00e9pouse re\u00e7oit la jeune mari\u00e9e, se charge de la garder pendant trois jours cons\u00e9cutifs. La jeune mari\u00e9e dormira avec cette belle-m\u00e8re qui l\u2019accueille.&nbsp; Elle ne pourra avoir de contact avec son mari qu\u2019au terme de ce d\u00e9lai. Le jeune \u00e9poux est tenu de donner \u00e0 sa femme une poule appel\u00e9e&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong>g<\/strong><strong>\u0259<\/strong><strong>mdah net tuye\u014bge<\/strong>&nbsp;\u00bb. On fait tourner cette poule trois fois&nbsp; autour de la t\u00eate de la mari\u00e9e avant de la rel\u00e2cher, en esp\u00e9rant qu\u2019elle sera prolifique et constituera l\u2019amorce de la fortune de la jeune mari\u00e9e. Si la jeune mari\u00e9e \u00e9tait vierge \u00e0 son arriv\u00e9e, sa maman recevra une r\u00e9compense pour avoir su la garder en l\u2019\u00e9tat.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong><em>\u0259<\/em><\/strong><strong><em>teh g\u0259lo<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/femme-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-281\" srcset=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/femme-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/femme-300x225.jpg 300w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/femme-768x576.jpg 768w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/femme.jpg 1152w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Deux ou trois mois apr\u00e8s, une tante maternelle et une vieille femme, voisine \u00e0 la famille, iront installer officiellement la jeune mari\u00e9e dans son foyer&nbsp;(<em>\u0259teh g\u0259lo<\/em>) : elles apporteront des marmites, des calebasses et une ch\u00e8vre pour \u00ab&nbsp;montrer&nbsp;\u00bb \u00e0 la novice comment on cuisine dans son foyer. La ch\u00e8vre sera conduite en laisse par un jeune gar\u00e7on, cadet de la jeune mari\u00e9e ou un enfant d\u2019un voisin. L\u2019installation du foyer proprement dit (en tant que lieu o\u00f9 l\u2019on fait le feu pour cuisiner) sera faite par une femme mari\u00e9e, de pr\u00e9f\u00e9rence qui n\u2019a jamais chang\u00e9 de mari, histoire de montrer le bon exemple \u00e0 la nouvelle mari\u00e9e. La nourriture ainsi pr\u00e9par\u00e9e sera servie \u00e0 toute la famille, les amis et les voisins du nouveau couple. En retour, chaque foyer qui aura re\u00e7u de ce repas renverra la calebasse pleine de vivres pour accueillir la nouvelle mari\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les pratiques enregistr\u00e9es \u00e0 Biou, quelques semaines apr\u00e8s le mariage, c\u2019est plut\u00f4t la tante paternelle de la fille (<em>mamdayata<\/em>) qui va aller implanter un foyer pour sa fille. La jeune mari\u00e9e ayant quitt\u00e9 la maison familiale sans emporter quelques biens meubles, en attendant d\u2019\u00eatre autonome, utilisera le foyer et les ustensiles de cuisine de la femme qui l\u2019aura accueillie. Elle acquerra son autonomie \u00e0 travers la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019installation du foyer. A cet effet, la m\u00e8re de la jeune mari\u00e9e ach\u00e8te, \u00e0 l\u2019aide de l\u2019argent re\u00e7u dans le cadre de \u00ab&nbsp;<strong>z\u0259ga nat mata<\/strong>&nbsp;\u00bb, le petit mat\u00e9riel suivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Un seau pour la conservation de l\u2019eau de consommation ou \u00ab\u00a0<em>tilbi na \u0259\u014bkile<\/em>\u00a0\u00bb en poterie<\/li>\n\n\n\n<li>Un seau pour le bain du couple, \u00ab\u00a0<em>saou na\u00a0\u0259slaya<\/em>\u00a0\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>Deux ou trois marmites, \u00ab\u00a0<em>meste\u0253e na waya (na mepteke, net te\u0253i)<\/em>\u00a0\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>Un plateau et assiettes compl\u00e8tes pour servir la nourriture, \u00ab\u00a0<em>tassa na waya<\/em>\u00a0\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>Deux\u00a0 gobelets pour boire de l\u2019eau (un pour donner de l\u2019eau au mari et l\u2019autre pour tout usage)<\/li>\n\n\n\n<li>Deux b\u00e2tons destin\u00e9s \u00e0 tourner la boule et la sauce, \u00ab\u00a0<em>m\u0259sb\u0259ka na mepteke, net te\u0253i<\/em>\u00a0\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>Une ou deux louches, cuill\u00e8res \u00e0 soupe, \u00ab\u00a0<em>ma\u0257iya, mo\u014bgossok\u0259, kiyer\u0257e<\/em>\u00a0\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>Une cartouche de boites d\u2019allumettes et un peu de sel, du gombo, etc.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La tante de la fille accompagn\u00e9e de ses s\u0153urs ou co\u00e9pouses ira au domicile du p\u00e8re du couple mari\u00e9 apr\u00e8s les avoir tenu inform\u00e9s de l\u2019arriv\u00e9e des ustensiles de cuisine \u00ab&nbsp;<em>z\u0259ga na&nbsp;\u0259sl\u0259na<\/em>\u00bb. A cette occasion, le p\u00e8re du gar\u00e7on \u00e9gorge une ch\u00e8vre pour ce rituel.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois pierres vont \u00eatre dispos\u00e9es pour servir de foyer, puis recouvertes de terre et dont la surface est rendue lisse. On y pr\u00e9pare la nourriture pour cette petite c\u00e9r\u00e9monie qui pr\u00e9c\u00e8de celle au cours de laquelle la totalit\u00e9 des assiettes, les habits de la mari\u00e9e et les cadeaux re\u00e7us dans le cadre de \u00ab&nbsp;<strong>\u0259\u0253ele<\/strong>\u00bb (<em>z\u0259ga na gawla nat wa\u014bk\u0259<\/em>) seront remis. La jeune femme sera ras\u00e9e, <strong>\u00ab&nbsp;\u0259fa\u0257&nbsp;\u0257u\u014bgul s\u0259kat wa\u014bk\u0259<\/strong> \u00bb. \u00ab<strong>\u0257u\u014bgul<\/strong>&nbsp;\u00bb est une sorte de coiffure qui permet de distinguer la jeune fille des femmes mari\u00e9es. Ce rituel permet de sortir la jeune mari\u00e9e de son statut de jeune fille pour entrer dans celui d\u2019\u00e9pouse. Les cheveux ras\u00e9s, sont soigneusement collect\u00e9s par la tante de la fille et remis \u00e0 sa m\u00e8re. Ces cheveux une fois chez la m\u00e8re de la fille vont \u00eatre cach\u00e9s afin de pr\u00e9venir les actions des \u00ab&nbsp;mauvaises personnes&nbsp;\u00bb qui peuvent les utiliser \u00e0 des fins mal\u00e9fiques et emp\u00eacher la jeune femme d\u2019avoir d\u2019enfants, \u00ab&nbsp;<em>z\u0259ga na arambat nat wa\u014bk\u0259<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir mang\u00e9 le premier repas pr\u00e9par\u00e9 sur le nouveau foyer, la jeune femme sera asperg\u00e9e d\u2019eau apr\u00e8s que l\u2019on ait fini de manger et de laver les mains en pronon\u00e7ant la formule suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>zaiye, zaiye&nbsp;! a\u0257iy daway&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb, ce qui signifie&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>demeure dans la paix dans ton foyer et prends grossesse<\/em>.&nbsp;\u00bb&nbsp; Ces gestes et propos commencent d\u2019abord par les petits enfants, les fr\u00e8res et s\u0153urs du mari et tous ceux et celles qui sont&nbsp; int\u00e9ress\u00e9s. La tante, repr\u00e9sentante de la m\u00e8re&nbsp; re\u00e7oit une somme de 2.000 F et rentre le jour m\u00eame de l\u2019implantation du foyer, en compagnie de toute la d\u00e9l\u00e9gation. Elles y laissent dormir une charg\u00e9e de mission, qui ne rentrera que le lendemain, afin que la jeune femme mari\u00e9e puisse b\u00e9n\u00e9ficier des derniers conseils, surtout lorsque surviendront les premi\u00e8res menstruations apr\u00e8s le mariage chez le mari. C\u2019est l\u2019occasion pour la jeune femme de s\u2019enfuir et regagner la maison parentale pour prouver qu\u2019elle n\u2019est pas all\u00e9e en mariage \u00e9tant enceinte. Au terme d\u2019une p\u00e9riode menstruelle, elle rejoindra son foyer et ne reviendra chez ses parents que pour son premier accouchement pour apprendre \u00e0 s\u2019occuper du nouveau-n\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>\u0259<\/strong><strong>ka z\u0259ga nat wa\u014bk\u0259, z\u0259ga na \u0259daha<\/strong>\u00a0\u00a0(installer d\u00e9finitivement la fille dans son foyer)<\/li>\n<\/ol>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-1-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-282\" srcset=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-1-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-1-300x225.jpg 300w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-1-768x576.jpg 768w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-1.jpg 1248w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Quelques semaines ou quelques mois apr\u00e8s l\u2019envoi de la fille en mariage, les assiettes achet\u00e9es avec une partie de la dot&nbsp; appel\u00e9 \u00ab&nbsp;<strong>z<\/strong><strong>\u0259<\/strong><strong>ga nat mat wa\u014bk\u0259<\/strong>&nbsp;\u00bb et toutes les pi\u00e8ces de pagnes et autres dons re\u00e7us sous forme de cadeaux provenant de la famille au sens large seront achemin\u00e9s au domicile du mari de la jeune&nbsp; femme. Le charg\u00e9 de mission va informer les deux familles qui vont pr\u00e9parer l\u2019\u00e9v\u00e8nement. Les oncles maternels, \u00ab&nbsp;<strong>g\u0259msa<\/strong>&nbsp;\u00bb et les oncles paternels, \u00ab&nbsp;<strong>\u0259lfa<\/strong>&nbsp;\u00bb, re\u00e7oivent l\u2019invitation pour prendre part \u00e0 la grande c\u00e9r\u00e9monie d\u2019installation d\u00e9finitive de la jeune mari\u00e9e dans son m\u00e9nage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux parents (p\u00e8re du gar\u00e7on et p\u00e8re de la fille) pr\u00e9parent le bilibil (<em>bia<\/em>) et la m\u00e8re de la fille va \u00e9gorger le bouc re\u00e7u ou en acheter un pour le grand festin plus une autre ch\u00e8vre pour cette c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n\n\n\n<p>A titre symbolique, le jour du festin, la m\u00e8re de la fille prendra une pi\u00e8ce de pagne, les tantes maternelles et paternelles les plus \u00e2g\u00e9es vont recevoir, chacune, un pagne. Les s\u0153urs de la jeune mari\u00e9e auront \u00e9galement des pagnes, en fonction de la quantit\u00e9 disponible. Il faut relever que la plus grande partie des pagnes et assiettes reviennent \u00e0 la femme mari\u00e9e. Ainsi&nbsp; donc install\u00e9e, la jeune femme&nbsp; int\u00e8gre la classe des femmes et on esp\u00e8re de voir, au bout de quelques mois, une grossesse \u00e9voluer en elle. Le premier accouchement doit se produire de pr\u00e9f\u00e9rence chez ses parents et dans le cas contraire, la m\u00e8re est tenue d\u2019aller s\u00e9journer chez le beau fils \u00e0 l\u2019effet d\u2019apprendre \u00e0 la primipare comment prendre soins de l\u2019enfant. Trois \u00e0 quatre mois apr\u00e8s avoir accouch\u00e9, le mari de la jeune femme doit donner une ch\u00e8vre qui sera \u00e9gorg\u00e9e et dont la peau tan\u00e9e servira de layette et 10 tasses de mil (farine pour pr\u00e9parer la bouillie) afin que la jeune m\u00e8re produise assez de lait pour le nourrisson. Cette p\u00e9riode relative \u00e0 la maternit\u00e9 et d\u2019apprentissage se fait aupr\u00e8s de la m\u00e8re de la jeune femme. La jeune m\u00e8re se verra gratifi\u00e9e d\u2019une pi\u00e8ce de pagne, par son \u00e9poux.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Relations de la jeune mari\u00e9e avec sa famille d\u2019origine<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"769\" src=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-2-1024x769.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-283\" srcset=\"https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-2-1024x769.jpg 1024w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-2-300x225.jpg 300w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-2-768x577.jpg 768w, https:\/\/associationguma.org\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/mariage-2.jpg 1139w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La jeune femme attendra d\u2019avoir son premier enfant avant de revenir rendre visite \u00e0 ses parents. Elle passera alors, avec son b\u00e9b\u00e9, trois ou quatre mois dans la maison familiale, avant d\u2019\u00eatre raccompagn\u00e9e chez elle, avec de la viande de ch\u00e8vre, par un de ses petits fr\u00e8res. A son tour ce dernier rentrera avec un b\u0153uf, faisant toujours partie de la dot et une lance (<em>pokoro na k\u0259riya<\/em>). Cette phase rend le mariage d\u00e9finitif. Il faut noter que si la femme n\u2019est toujours pas enceinte apr\u00e8s un an de mariage, elle reviendra tout de m\u00eame chez ses parents, mais cette fois pour recevoir un traitement qui l\u2019aiderait \u00e0 procr\u00e9er.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la dot ne finit jamais, dit-on. Des beaux-parents v\u00e9reux peuvent continuer \u00e0 r\u00e9clamer plus de dot, m\u00eame quand la femme a pass\u00e9 plusieurs ann\u00e9es en mariage. Et m\u00eame, dans la pire des cas, si une femme d\u00e9c\u00e8de en mariage, ses parents r\u00e9clameront un b\u0153uf \u00e0 son mari de veuf, forme de dot appel\u00e9e <em>\u0259fa\u0257 b\u0259b\u0259r na kiyta<\/em>. Ces cas exceptionnels se produisent lorsque le mari est irrespectueux vis-\u00e0-vis de la belle famille, s\u2019il n\u2019avait pas fini de payer la dot qui lui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9clam\u00e9e ou encore s\u2019il maltraitait sa femme de son vivant.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong><em>\u0259<\/em><\/strong><strong><em>g\u0259m gulku<a id=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\"><strong>[9]<\/strong><\/a><\/em><\/strong><strong>. Le d\u00e9tournement d\u2019une fianc\u00e9e d\u2019autrui ou d\u2019une femme mari\u00e9e.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Le deuxi\u00e8me type de mariage, autrefois plus r\u00e9pandu que le premier, consiste \u00e0 \u00ab&nbsp;arracher&nbsp;\u00bb la femme d\u00e9j\u00e0 en mariage ou promise \u00e0 un pr\u00e9tendant. Bien entendu, il ne s\u2019agit pas d\u2019un acte de force. C\u2019est certainement la mani\u00e8re par laquelle les \u018aiy na Ka\u0257a<\/em>&nbsp;<em>ont r\u00e9solu le probl\u00e8me du divorce. En effet, il n\u2019existe pas d\u2019instance aupr\u00e8s de laquelle des \u00e9poux se pr\u00e9sentent pour r\u00e9soudre des conflits familiaux et d\u00e9boucher \u00e9ventuellement sur un divorce. Lorsqu\u2019une femme ne se sent pas \u00e0 l\u2019aise au sein de son foyer, elle peut quitter son \u00e9poux pour se marier \u00e0 un autre. Il existe des r\u00e8gles qui r\u00e9gissent ce type de \u00ab&nbsp;divorce-remariage&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><strong>[10]<\/strong><\/a>. Dans la soci\u00e9t\u00e9 ka\u0257a, il est admis qu\u2019un homme puisse courtiser une femme, m\u00eame mari\u00e9e, pourvu que cela se fasse dans certaines conditions. Les rencontres s\u2019organisent \u00e0 l\u2019occasion de visites qu\u2019une femme rend \u00e0 ses parents, loin de la surveillance des membres de la famille de son mari. Ces rencontres peuvent \u00e9galement s\u2019effectuer dans toute circonstance o\u00f9 la femme est s\u00fbre de ne pas \u00eatre \u00e9pi\u00e9e par son mari ou des membres de sa famille&nbsp;: les march\u00e9s, les f\u00eates, les c\u00e9r\u00e9monies diverses. Ce sont donc des relations clandestines qui peuvent aboutir \u00e0 la fuite de la femme vers le nouveau courtisan ou rester st\u00e9riles. Une femme qui va chez ses parents pour quelques jours sera toujours courtis\u00e9e par d\u2019autres personnes. Cela pourra se faire avec la complicit\u00e9 tacite ou active de ses parents, si ceux-ci ne sont pas satisfaits des traitements de leur gendre<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><strong>[11]<\/strong><\/a> ou en cachette si la femme est consciente des bonnes relations entre son mari et ses parents. Elle peut accepter les avances des courtisans ou les rejeter. Elle peut m\u00eame accepter par courtoisie, sans aucune intention de quitter son mari ou de mani\u00e8re int\u00e9ress\u00e9e, lorsqu\u2019elle veut tenter une autre aventure. Lorsque les fr\u00e9quentations aboutissent \u00e0 la fuite d\u2019une femme avec un autre homme, le mari l\u00e9gitime va tenter de la r\u00e9cup\u00e9rer en portant plainte aupr\u00e8s des autorit\u00e9s (chef de village, chef de quartier) du village du nouveau concurrent d\u00e8s qu\u2019il l\u2019aura d\u00e9couvert. En g\u00e9n\u00e9ral, la femme lui sera remise. S\u2019il s\u2019agissait d\u2019une simple fugue, cela peut s\u2019arr\u00eater l\u00e0. Mais cet \u00e9pisode peut marquer l\u2019intention v\u00e9ritable de la femme d\u2019op\u00e9rer un divorce. Dans ce cas, elle repartira chez le nouveau courtisan, \u00e0 la moindre occasion o\u00f9 le mari manquera de vigilance. Ces fuites peuvent se r\u00e9p\u00e9ter une ou plusieurs fois, jusqu\u2019au moment o\u00f9 le mari l\u00e9gitime se lassera et consentira \u00e0 accepter le fait accompli. Dans ce cas, il lui restera \u00e0 entreprendre des d\u00e9marches pour r\u00e9cup\u00e9rer sa dot.<\/em>&nbsp;\u00bb (A. Douffissa. <em>Les noms chez les<\/em> <em>\u018aiy na Ka\u0257a<\/em>, p. 158-159).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la jeune fille, c\u2019est souvent la manifestation de son d\u00e9saccord avec le mariage arrang\u00e9 par les parents. Si elle n\u2019aime pas le fianc\u00e9 qui lui a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 ou a chang\u00e9 d\u2019avis, elle le manifestera en partant en cachette avec un autre gar\u00e7on ou un autre homme d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9. La jeune fille ainsi d\u00e9tourn\u00e9e sera cach\u00e9e chez les parents m\u00eame du gar\u00e7on, ou chez un de ses oncles maternels ou encore chez un de ses amis. Parfois, nuitamment, ce couple de fortune s\u2019enfuit dans un autre village<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>, le temps de rendre publique la nouvelle. En effet, la nouvelle ne sera annonc\u00e9e aux parents de la fille qu\u2019une semaine apr\u00e8s cette fuite ou apr\u00e8s plus de jours.&nbsp;Evidemment, si les parents ne sont pas complices de ce dandy, ils vont r\u00e9clamer qu\u2019elle soit imm\u00e9diatement ramen\u00e9e. Et, m\u00eame s\u2019ils \u00e9taient complices, pour sauver la face, ils exigeront qu\u2019elle leur soit rendue. Aussit\u00f4t revenue chez ses parents, en g\u00e9n\u00e9ral, elle est envoy\u00e9e en mariage chez son fianc\u00e9 attitr\u00e9. La suite d\u00e9pendra de son intention r\u00e9elle et des conditions qu\u2019elle trouvera chez son mari. Elle pourra rester tranquille et \u00eatre une femme fid\u00e8le. Mais si elle ne veut pas du tout de ce mari, elle repartira chez le gar\u00e7on de son choix ou m\u00eame chez un autre et autant de fois que n\u00e9cessaire, jusqu\u2019\u00e0 ce que son refus soit valid\u00e9. Alors, le nouveau mari remboursera la dot du pr\u00e9tendant d\u00e9\u00e7u.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019administration, depuis l\u2019\u00e9poque coloniale, a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s vite confront\u00e9e \u00e0 ce probl\u00e8me d\u2019enl\u00e8vement de femmes en pays guidar. Avant m\u00eame d\u2019instaurer un tribunal \u00e0 Guider, dans leurs tourn\u00e9es, les administrateurs devaient, tr\u00e8s souvent, r\u00e9gler ces probl\u00e8mes r\u00e9currents. Ainsi, dans son rapport de tourn\u00e9e de juin 1938, le chef de Subdivision de Guider rapporte qu\u2019il a pass\u00e9 les soir\u00e9es du 15 et du 16 (juin) \u00e0 r\u00e9gler les palabres de mariage, qui envenimaient les relations entre les lamidats de Mayo Lou\u00e9, au Cameroun et de Binder, au Tchad. Voici, \u00e0 ce sujet, un extrait de son rapport&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Profitant de la proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re, les Kirdis Guidder et les Moundangs avaient trouv\u00e9 plus avantageux pour se marier, de prendre les femmes d\u00e9sir\u00e9es et de passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 pour ne pas payer la dot, contrairement \u00e0 la coutume. 22 palabres \u00e9taient r\u00e9gl\u00e9es. Il faut rechercher la cause de ces nombreux mariages irr\u00e9guliers dans le prix tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 des dots&nbsp;: le Moundang paie tr\u00e8s cher pour se marier et le kirdi Guidder de la fronti\u00e8re pour maintenir les femmes chez lui est oblig\u00e9 de suivre les m\u00eames coutumes<\/em>&nbsp;\u00bb. Pour illustrer son analyse, il rel\u00e8ve, dans les palabres r\u00e9gl\u00e9es, trois cas de dots \u00e9lev\u00e9es, \u00e0 Bidzar&nbsp;: premier cas, 3 vaches, 25 moutons<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a>, 15 dabas, 10 francs de sel&nbsp;; deuxi\u00e8me cas, 18 moutons, 17 dabas, 23 paniers d\u2019arachides&nbsp;; troisi\u00e8me cas, 3 b\u0153ufs, 12 moutons, 14 dabas.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains de ces mariages \u00ab&nbsp;irr\u00e9guliers&nbsp;\u00bb sont encourag\u00e9s par des parents v\u00e9reux. Le Chef de Subdivision Mazieras cite le cas d\u2019un ressortissant de Djougui qui fait un v\u00e9ritable commerce avec sa s\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Gaorissa de Djougui a offert sa s\u0153ur \u00e0 Dioua du m\u00eame village&nbsp;; ce dernier commence \u00e0 payer 8 moutons, puis Gaorissa, toujours flanqu\u00e9 de sa s\u0153ur, va \u00e0 Bidzar o\u00f9 il fait payer int\u00e9gralement une dot au nomm\u00e9 Koto, soit&nbsp;: 2 b\u0153ufs, 3 moutons et 15 dabas&nbsp;; enfin, le m\u00eame Gaorissa et sa s\u0153ur passant au Tchad, vont offrir le march\u00e9 \u00e0 Haman. Malheureusement pour eux, Gaorissa est arr\u00eat\u00e9 au moment o\u00f9, voulant s\u2019installer au Tchad, il s\u2019appr\u00eatait \u00e0 repasser la fronti\u00e8re avec une partie des produits de ces dots.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>70 ans plus tard, on dirait que les habitudes ont la peau dure&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Un article publi\u00e9 par l\u2019ethnologue Chantal Collard en 1979 et dans lequel elle d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e selon laquelle le mariage chez les Guidar serait polygamique et polyandrique, m\u00e9rite d\u2019\u00eatre comment\u00e9 ici <a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Elle \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le mariage guidar n\u2019est pas monogamique mais \u00e0 la fois polygamique et polyandrique comme il l\u2019est dans la plupart des soci\u00e9t\u00e9s dont il est question dans ce num\u00e9ro.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin, elle pr\u00e9cise&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Une analyse du processus matrimonial qui s\u2019arr\u00eaterait \u00e0 la fin des tractations et des rituels de mariage serait chez les Guidars tout \u00e0 fait insuffisante, non seulement parce que tout mariage est menac\u00e9 d\u2019une rupture, mais parce que le fait m\u00eame d\u2019\u00eatre mari\u00e9 ne garantit pas \u00e0 un homme d\u2019avoir une \u00e9pouse chez lui&nbsp;; ceci est une cons\u00e9quence de la surcirculation des femmes (chaque femme, bien que rien ne l\u2019y oblige, ayant en moyenne 3 \u00e0 4 maris) et de la polyandrie f\u00e9minine qui est chez les Guidars non successive m\u00eame si en raison de la r\u00e8gle de r\u00e9sidence patri-virilocale, elle est toujours virtuelle (ce qui explique qu\u2019elle ait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 beaucoup)<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Le mariage <\/em>ougouma<em> traditionnel n\u2019impliquait donc ni divorce, ni veuvage&nbsp;; il s\u2019agit d\u2019un mariage secondaire tel que d\u00e9fini par J. C. Muller, l\u2019union d\u2019une \u00e9pouse avec un autre homme que son mari qui ne suit ni ne pr\u00e9c\u00e8de un divorce. En ce sens, les femmes \u00e9taient donc tout autant polyandres que les hommes pouvaient \u00eatre polygames<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>A la page 53, elle ajoute&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>A tous ces interdits s\u2019ajoutent les dangers de la relation de co-\u00e9poux unis malgr\u00e9 eux dans une relation d\u2019homosexualit\u00e9 latente par le choix d\u2019une femme, et qui doivent s\u2019\u00e9viter mutuellement. Si un homme tombe malade et qu\u2019il re\u00e7oive la visite de son co-\u00e9poux, on pense qu\u2019il en mourra<\/em>.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Sur cette notion de <strong>polyandrie<\/strong>, je pense qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une erreur d\u2019interpr\u00e9tation. <strong>Jo\u00ebl Tizi<\/strong> a d\u00e9j\u00e0 relev\u00e9 dans son blog<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a> que la deuxi\u00e8me forme de mariage chez les Guidar (\u00ab&nbsp;<em>\u0259g\u0259m gulku<\/em>&nbsp;\u00bb, lorsqu\u2019on parle d\u2019un homme qui prend une femme de cette mani\u00e8re ou \u00ab&nbsp;<em>\u0259g\u0259m zile<\/em>&nbsp;\u00bb, lorsqu\u2019on parle d\u2019une femme qui est partie avec un autre homme et non \u00ab&nbsp;<em>ougouma<\/em>&nbsp;\u00bb comme l\u2019\u00e9crit C. Collard) n\u2019est pas de la polyandrie, notion inexistante dans la soci\u00e9t\u00e9 guidar. En effet, selon Wikipedia \u00ab&nbsp;<em>La <\/em><strong><em>polyandrie<\/em><\/strong><em> (polygamie f\u00e9minine) d\u00e9signe, chez l&rsquo;humain, le syst\u00e8me dans lequel une <\/em><em>femme est mari\u00e9e <u>simultan\u00e9ment<\/u> \u00e0 plusieurs \u00e9poux<\/em>&nbsp;\u00bb (mot simultan\u00e9ment soulign\u00e9 par A.D.).<\/p>\n\n\n\n<p>Jo\u00ebl Tizi pr\u00e9cise \u00e0 juste titre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Toute relation hors mariage est adult\u00e8re (\u0259kuw a gisbe). Un homme surpris avec la femme d\u2019autrui en flagrant d\u00e9lit d\u2019adult\u00e8re est poursuivi par les membres de la famille munis de b\u00e2tons et sagaies (\u0259r\u0253a \u0257\u0259f s\u0259kat gulku). La polyandrie implique l\u2019union l\u00e9gitime d\u2019une femme avec plusieurs hommes, et qu\u2019elle soit accept\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9. Or, chez les Guidar, une femme ne peut avoir, simultan\u00e9ment, plusieurs maris avec lesquels elle entretiendrait \u00e0 tour de r\u00f4le des relations intimes comme le ferait un homme polygame. D\u00e8s le remariage conform\u00e9ment aux conditions coutumi\u00e8res, l\u2019ancienne union est rompue. Si la femme revient \u00e0 son ancien mari, il s\u2019agit d\u2019un remariage, sa dot \u00e9tant rembours\u00e9e, il est tenu de rembourser ce qu\u2019avait pay\u00e9 le 2<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;mari divorc\u00e9 \u00e0 titre de dot.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>A titre comparatif, dans le syst\u00e8me dit de droit \u00e9crit de l\u2019Occident, une femme mari\u00e9e peut faire le tour des hommes du monde, tant que la d\u00e9cision de divorce n\u2019est pas prononc\u00e9e par le juge, ces derniers ne sont que des amants et le mari demeure l\u2019unique \u00e9poux. Il en est de m\u00eame chez le Guidar, tant que le divorce n\u2019est pas effectif conform\u00e9ment \u00e0 la coutume matrimoniale telle que sus-\u00e9voqu\u00e9e, le conjoint l\u00e9gitime est l\u2019unique mari<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9part d\u2019une femme vers un autre homme (\u00ab&nbsp;<em>\u0259g\u0259m zile<\/em>&nbsp;\u00bb) est clairement une d\u00e9marche de divorce de la part de la femme. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la femme qui quitte son mari pour un autre le fait parce que dans les relations conflictuelles avec son mari, elle a atteint un point o\u00f9 elle n\u2019a plus d\u2019autre solution pour se faire entendre. Evidemment, si \u00e0 la suite d\u2019un premier d\u00e9part, le mari la ram\u00e8ne (apr\u00e8s les d\u00e9marches d\u2019usage aupr\u00e8s des juridictions comp\u00e9tentes) et qu\u2019il lui montre qu\u2019il a compris le message, et\/ou le nouveau dandy n\u2019est peut-\u00eatre pas le prince charmant dont elle r\u00eavait, l\u2019aventure aura servi d\u2019avertissement et s\u2019arr\u00eatera l\u00e0. Mais si le d\u00e9part est v\u00e9ritablement une volont\u00e9 de rompre d\u00e9finitivement avec son mari, elle repartira autant qu\u2019il le faudra jusqu\u2019\u00e0 ce que son mari renonce \u00e0 la garder comme \u00e9pouse et r\u00e9clame sa dot. Dans ce cas, il s\u2019agit effectivement d\u2019un divorce. C\u2019est la seule mani\u00e8re pour une femme d\u2019obtenir le divorce car il n\u2019y a pas d\u2019instance (devant les juridictions ou devant ses parents) o\u00f9 elle peut faire valoir ce droit.<\/p>\n\n\n\n<p>La relation entre un mari l\u00e9gitime (\u00ab&nbsp;<em>zilit a\u014b d\u0259kayta<\/em>&nbsp;\u00bb) et un homme qui lui a \u00ab&nbsp;vol\u00e9&nbsp;\u00bb sa femme (\u00ab&nbsp;<em>grata<\/em>&nbsp;\u00bb) est une relation d\u2019hostilit\u00e9 ou d\u2019inimiti\u00e9. Ils sont ennemis, \u00ab&nbsp;<em>massa<\/em>&nbsp;\u00bb en guidar. Par cons\u00e9quent, il ne viendrait pas \u00e0 l\u2019esprit d\u2019une personne qui a enlev\u00e9 la femme d\u2019un autre d\u2019aller dans la concession de ce dernier, \u00e0 moins qu\u2019il ne se soit \u00e9gar\u00e9 par \u00e9tourdissement. Il s\u2019exposerait \u00e0 une punition dont il se souviendrait toujours&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>\u0259gay na massa<\/em>&nbsp;\u00bb (la bagarre entre deux ennemis \u00e0 cause d\u2019une femme \u00ab&nbsp;vol\u00e9e&nbsp;\u00bb). D\u2019ailleurs, le \u00ab&nbsp;massa&nbsp;\u00bb ne concerne pas que les deux individus brouill\u00e9s \u00e0 cause d\u2019une femme&nbsp;; cette hostilit\u00e9 engage les familles des deux hommes et m\u00eame, au-del\u00e0, leurs clans respectifs. C\u2019est pourquoi, \u00e0 la moindre occasion favorable, un membre de la famille de l\u2019homme flou\u00e9 peut s\u2019attaquer \u00e0 leur ennemi ou m\u00eame \u00e0 un de ses proches. C\u2019est ainsi que se d\u00e9clenchent souvent les rixes lors de la f\u00eate des jumeaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Chantal Collard elle-m\u00eame mentionne d\u2019ailleurs cette relation d\u2019hostilit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nos vieux informateurs ont tous pu exhiber fi\u00e8rement de tr\u00e8s belles cicatrices&nbsp; (qui le cr\u00e2ne enfonc\u00e9, qui le tibia coutur\u00e9 \u00e0 plusieurs endroits) \u00e0 l\u2019appui de leurs r\u00e9cits qu\u2019ils ponctuaient de grands \u00e9clats de rire.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Collard \u00e9crit encore&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Dans le cas o\u00f9 les vols d\u2019\u00e9pouses \u00e9taient perp\u00e9tr\u00e9s individuellement, l\u2019\u00e9poux l\u00e9s\u00e9 pouvait essayer de r\u00e9cup\u00e9rer son \u00e9pouse par les armes en entra\u00eenant les membres de son lignage ou, s\u2019il le pouvait, la <\/em>samari.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00e9viter les conflits avec le mari l\u00e9gitime, un homme qui enl\u00e8ve une femme peut quitter le village. Chantal Collard aussi signale que les \u00ab&nbsp;voleurs&nbsp;\u00bb de femmes fuyaient jusqu\u2019au Tchad pour se cacher.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le levirat<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Un troisi\u00e8me type de mariage chez les Guidar est le levirat.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la plaquette sur Djougui<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a> nous avons d\u00e9crit le levirat en ces termes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Les \u00e9pouses choisiront de se remarier, dans le cadre du l\u00e9virat, avec un membre de la famille du d\u00e9funt dans des conditions bien d\u00e9finies. Il faut que le pr\u00e9tendant soit, dans l\u2019ordre de pr\u00e9f\u00e9rence, ou bien fils du d\u00e9funt et dans ce cas il peut pr\u00e9tendre \u00e9pouser toute femme plus jeune que lui ou, \u00e0 tout le moins qui ne soit pas de l\u2019\u00e2ge de sa maman&nbsp;; ou bien fr\u00e8re cadet au d\u00e9funt, cousin ou un membre du clan le plus proche possible et moins \u00e2g\u00e9 que le d\u00e9funt. Les n\u00e9gociations auront g\u00e9n\u00e9ralement eu lieu bien avant le jour du conseil familial. Dans ce cadre, une veuve peut refuser de se remarier dans la famille de son mari d\u00e9funt&nbsp;;&nbsp; c\u2019est souvent le cas pour des vieilles femmes qui d\u00e9cident de retourner dans leur famille d\u2019origine ou de vivre avec un de leurs enfants. Les membres de la famille du d\u00e9funt peuvent aussi se d\u00e9sint\u00e9resser d\u2019une femme jug\u00e9e mauvaise \u00e9pouse et la lib\u00e9rer de tout engagement. Dans tous les cas, la d\u00e9cision se prend en conseil. Chaque femme, accompagn\u00e9e par ses parents, dispose d\u2019une calebasse de bi\u00e8re qu\u2019elle doit remettre \u00e0 celui qu\u2019elle aura choisi comme nouveau mari ou \u00e0 ses parents, si elle veut rejoindre sa famille. La personne \u00e0 qui la bi\u00e8re de mil est tendue marque son accord en acceptant la calebasse. Les parents de la femme peuvent alors intervenir pour la persuader par exemple d\u2019accepter le l\u00e9virat, si elle leur remet la calebasse. Ensuite, les enfants seront, soit gard\u00e9s par le successeur, s\u2019il se sent capable de s\u2019en occuper, soit dispatch\u00e9s entre les fr\u00e8res du d\u00e9funt, soit ils suivront leur m\u00e8re dans le nouveau foyer qu\u2019elle aura choisi. \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Quand les fun\u00e9railles seront termin\u00e9es, la veuve rentrera d\u2019abord chez ses parents (\u0259sga\u014b mikke). Le nouveau mari ira la chercher, en offrant une ch\u00e8vre (ha\u00e3w na matoffo)&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif du levirat est double&nbsp;: la protection des orphelins et la protection de la veuve. La grande famille, c\u2019est la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Chez les Guidar, soci\u00e9t\u00e9 patrilin\u00e9aire, l\u2019enfant appartient au p\u00e8re et \u00e0 sa famille paternelle. Par cons\u00e9quent, si le p\u00e8re meurt, les h\u00e9ritiers s\u2019occuperont des enfants. Et si la veuve fait le choix de ne pas rester dans la famille de son mari d\u00e9funt, alors, elle accepte de se s\u00e9parer de ses enfants. Choix souvent tr\u00e8s difficile, notamment lorsque les enfants sont en bas \u00e2ge. Subsidiairement, le levirat permet \u00e0 un h\u00e9ritier d\u2019avoir une \u00e9pouse de plus. Je me souviens que lorsque notre papa d\u00e9c\u00e9da, lors du conseil de famille, notre a\u00een\u00e9 avait dit qu\u2019il souhaitait garder la famille unie, soit donc les six enfants mineurs et les deux veuves, dont une vieille et une jeune femme. La vieille maman avait eu le choix de rester dans la concession paternelle, m\u00eame ayant d\u00e9pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge d\u2019\u00eatre \u00e9pouse de notre fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Elle pr\u00e9f\u00e9ra aller rester avec ses fr\u00e8res. Quant \u00e0 la jeune femme, elle devint, par le levirat, la deuxi\u00e8me \u00e9pouse de notre fr\u00e8re qui, pour la premi\u00e8re fois eu la possibilit\u00e9 d\u2019avoir des enfants. Elle lui donna trois gar\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<p>Le levirat n\u2019est pas une pratique honteuse, m\u00eame si elle peut para\u00eetre anachronique aux yeux des jeunes g\u00e9n\u00e9rations. C\u2019est une question de culture. Et en mati\u00e8re de culture, je suis d\u2019accord avec Marcel Rioux lorsqu\u2019il \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Chaque culture doit \u00eatre jug\u00e9e en elle-m\u00eame parce que ce sont ses pr\u00e9misses qui d\u00e9terminent la fa\u00e7on dont les individus qui en font partie appr\u00e9hendent leur milieu physique et social. La conclusion que les relativistes tirent de leurs analyses empiriques des soci\u00e9t\u00e9s, c\u2019est que tout ensemble de coutumes et d\u2019institutions envisag\u00e9 comme fa\u00e7on de vivre est aussi valable qu\u2019un autre<\/em>.\u00bb<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 guidar pratique le levirat. Mais nos voisins Fulbe ont adopt\u00e9 le <strong>sororat<\/strong><a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Lorsque j\u2019\u00e9tais jeune fonctionnaire, je me rappelle qu\u2019un collaborateur, apr\u00e8s avoir perdu son \u00e9pouse, s\u2019est vu \u00ab&nbsp;offrir&nbsp;\u00bb en mariage par ses beaux-parents, la s\u0153ur cadette de la d\u00e9funte qui \u00e9leva ses neveux et ni\u00e8ces en m\u00eame temps que ses enfants ut\u00e9rins, avec la m\u00eame attention. Cela ne choque personne. Pourquoi le levirat d\u00e9shonorerait-il ceux qui le pratiquent&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Mariage forc\u00e9 suite \u00e0 une grossesse non d\u00e9sir\u00e9e d\u2019une jeune fille (<em>\u0259\u0257iy zil na gardama,\u00a0\u0259\u0257iy zil na gagay<\/em>)<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019une grossesse non d\u00e9sir\u00e9e intervient au domicile familial, les parents peuvent obliger leur fille \u00e0 rejoindre l\u2019auteur de cette grossesse. Elle doit r\u00e9v\u00e9ler l\u2019auteur de la grossesse non d\u00e9sir\u00e9e et apr\u00e8s une c\u00e9r\u00e9monie rituelle de purification, rejoindre le gar\u00e7on auteur et devenir ainsi son \u00e9pouse. Autrefois, quand toutes les concessions \u00e9taient bien cl\u00f4tur\u00e9es, la fille qu\u2019on \u00ab&nbsp;chasse&nbsp;\u00bb ainsi chez un gar\u00e7on auteur de sa grossesse, est sortie \u00e0 travers la cl\u00f4ture et non par l\u2019entr\u00e9e normale de la concession (<em>igilg\u0259t k\u0259lamba zlava<\/em>). Celui-ci ne pourra payer la compensation matrimoniale qu\u2019apr\u00e8s accouchement. Si l\u2019auteur de la grossesse est le finac\u00e9 l\u00e9gitime, il compl\u00e8tera le prix de la finac\u00e9e qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 partiellement pay\u00e9. Si c\u2019est un autre dandy, alors ce dernier remboursera ce que le fianc\u00e9 avait d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9 et compl\u00e8tera par une partie \u00e0 payer aux parents de la fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les temps tr\u00e8s anciens, la m\u00e8re du nouveau n\u00e9 \u00e9liminait le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 sa naissance, si elle \u00e9tait incapable de reconna\u00eetre son p\u00e8re, car les b\u00e2tards (<em>s\u0259lom<\/em>) n\u2019\u00e9taient pas accept\u00e9s au sein de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Les relations entre un gar\u00e7on et sa belle-famille<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Nous avons dit que durant toute la p\u00e9riode que vont durer les fian\u00e7ailles, le pr\u00e9tendant va manifester une attention particuli\u00e8re \u00e0 la belle-m\u00e8re, caract\u00e9ris\u00e9e par des travaux champ\u00eatres, l\u2019entretien de la toiture et des portes de la sa case, le bois de chauffe et des paniers.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect important des relations entre le pr\u00e9tendant et ses futurs beaux-parents est caract\u00e9ris\u00e9 par un profond respect pour les parents directs, mais \u00e9galement pour les oncles et les tantes de la fianc\u00e9e. Vis-\u00e0-vis des beaux-parents directs, il y a des r\u00e8gles \u00e0 respecter. Cela devient encore imp\u00e9ratif lorsque le pr\u00e9tendant devient effectivement un gendre.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le pr\u00e9tendant ou le gendre doit respect, en tout temps, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la belle famille<\/li>\n\n\n\n<li>Il n\u2019entrera pas dans la concession de ses beaux-parents avec les pieds chauss\u00e9s<\/li>\n\n\n\n<li>Il ne s\u2019assi\u00e9ra pas sur un banc ou une chaise dans la concession de ses beaux-parents<\/li>\n\n\n\n<li>Il ne doit pas trouver l\u2019un de ses beaux-parents en position couch\u00e9e<\/li>\n\n\n\n<li>Il doit \u00e9viter de trouver sa belle-m\u00e8re en train de manger et ne mangera pas avec son beau-p\u00e8re et non plus sa belle-m\u00e8re<\/li>\n\n\n\n<li>Il doit aider la belle famille dans tous les travaux champ\u00eatres ou non<\/li>\n\n\n\n<li>Il ne doit en aucun cas p\u00e9ter (rejet du gaz carbonique) en pr\u00e9sence de la belle m\u00e8re<\/li>\n\n\n\n<li>Il ne doit pas s\u2019asseoir sur un m\u00eame\u00a0 si\u00e8ge avec son beau-p\u00e8re ou sa belle-m\u00e8re<\/li>\n\n\n\n<li>Il doit assistance \u00e0 la belle famille dans la joie ou le malheur (jumeaux, deuils, fun\u00e9railles etc.).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>C\u2019est pour tout cela qu\u2019il se signalera toujours en demandant \u00e0 haute voix, d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e de la concession, la permission d\u2019entrer. D\u00e8s qu\u2019ils reconnaissent sa voix, les beaux-parents prennent alors des dispositions pour ne pas l\u2019indisposer, avant de lui dire d\u2019entrer.<\/p>\n\n\n\n<p>La jeune \u00e9pouse doit respecter les r\u00e8gles de conduite suivantes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La jeune femme ne doit pas entrer dans la case de son beau-p\u00e8re<\/li>\n\n\n\n<li>Elle ne doit pas partager un si\u00e8ge avec son beau-p\u00e8re ou sa belle-m\u00e8re (un m\u00eame banc par exemple)<\/li>\n\n\n\n<li>La jeune femme ne doit en aucun cas accepter d\u2019\u00eatre courtis\u00e9e par quiconque en pr\u00e9sence de tout membre de la famille de son mari<\/li>\n\n\n\n<li>La jeune femme s\u2019attellera \u00e0 \u00eatre serviable \u00e0 l\u2019\u00e9gard sa belle-famille (p\u00e8re et m\u00e8re) du mari.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>En retour, les beaux-parents, en particulier la belle-m\u00e8re, adopteront un certain nombre d\u2019attitudes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leur beau-fils.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Respecter le beau fils et sa famille<\/li>\n\n\n\n<li>Consid\u00e9rer le beau-fils comme un fils<\/li>\n\n\n\n<li>Eviter de demander de pr\u00eats \u00e0 son beau-fils<\/li>\n\n\n\n<li>La belle m\u00e8re ne doit pas manger en pr\u00e9sence de son beau-fils<\/li>\n\n\n\n<li>Elle ne doit pas se laver, ni se soulager \u00e0 un endroit o\u00f9 le beau-fils peut l\u2019apercevoir.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Evolutions de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les formes de mariage n\u2019ont pas beaucoup \u00e9volu\u00e9 en pays guidar. Les deux types de mariage d\u00e9crits ci-dessus sont toujours d\u2019actualit\u00e9. Mais les modalit\u00e9s ont bien chang\u00e9. D\u2019abord, la mon\u00e9tarisation excessive a entrain\u00e9 une inflation du prix de la mari\u00e9e. Ce qui affecte la possibilit\u00e9 de jeunes gens \u00e0 se marier. Ensuite, de moins en moins, les familles associent les membres de leurs clans lorsqu\u2019elles envoient leurs filles en mariage. Par pure cupidit\u00e9, sous les coups de boutoir de la pauvret\u00e9 ambiante et enivr\u00e9es par les nouveaux besoins cr\u00e9\u00e9s par la soi-disant modernit\u00e9, elles prennent l\u2019argent de la dot et le consomment seules. C\u2019est donc un pan de la solidarit\u00e9 clanique qui est en train de s\u2019effondrer, avec cette \u00e9volution dans le mariage. Un autre \u00e9l\u00e9ment important est l\u2019\u00e2ge du mariage de plus en plus tardif, notamment chez les filles qui vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Et parall\u00e8lement, l\u2019\u00e9cole \u00e9loigne les filles et les gar\u00e7ons de leur village d\u2019origine et entraine des mariages hors du groupe ethnique guidar.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas que sur le plan de la solidarit\u00e9 familiale que cette cachotterie lors de mariage aura une influence. Nous avons dit que lors de <em>\u0259basa<\/em>, la famille est r\u00e9unie pour se prononcer sur la validit\u00e9 des fian\u00e7ailles et du mariage qui s\u2019en suivra. Cette concertation \u00e9vitera, entre autres, que des fr\u00e8res et s\u0153urs de m\u00eame clan se marient. En effet, les Guidar appliquent l\u2019exogamie comme r\u00e8gle matrimoniale. Cela a pour cons\u00e9quence positive de r\u00e9duire l\u2019impact des maladies h\u00e9r\u00e9ditaires. De nos jours, \u00e0 partir du moment o\u00f9 les enfants se rencontrent sans conna\u00eetre leurs familles respectives et que celles-ci valident le mariage sans concertation, on ne peut plus contr\u00f4ler les mariages entre filles et gar\u00e7ons de m\u00eame clan.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux autres \u00e9volutions tr\u00e8s notables ont affect\u00e9 le mariage en pays guidar ces derni\u00e8res ann\u00e9es. On constate qu\u2019il y a de plus en plus de femmes c\u00e9libataires, y compris dans les villages guidar, alors qu\u2019autrefois, seules de veuves tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es vivaient seules, aupr\u00e8s d\u2019un de leurs enfants ou d\u2019un parent. Ce fait a \u00e9t\u00e9 accentu\u00e9 par l\u2019autre \u00e9volution, \u00e0 savoir le refus de plus en plus r\u00e9pandu du l\u00e9virat. Cela a commenc\u00e9 par les veuves des fonctionnaires qui pr\u00e9f\u00e8rent rester seules au lieu de se remarier dans la famille de leur \u00e9poux d\u00e9funt ou alors elles choisissent de se remarier hors de celle-ci. B\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une pension de veuvage, elles peuvent vivre de fa\u00e7on autonome<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Mais le ph\u00e9nom\u00e8ne a \u00e9galement atteint les villages. En 2008, le Comit\u00e9 de D\u00e9veloppement de Djougui a entrepris un recensement qui a montr\u00e9 que, dans ce village de 4300 habitants, 20% des concessions appartenaient \u00e0 des femmes c\u00e9libataires, vivant seules ou avec leurs enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Il appartiendra aux sp\u00e9cialistes de diff\u00e9rentes disciplines d\u2019\u00e9tudier les cons\u00e9quences multiformes de ces \u00e9volutions, mais, il est clair que c\u2019est un bouleversement sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire de la soci\u00e9t\u00e9 guidar. Il serait \u00e9galement important de faire ressortir l\u2019influence des religions import\u00e9es en pays guidar sur le mariage. Si l\u2019islam permet la polygamie, elle limite le nombre de femmes \u00e0 4, tandis que le christianisme interdit tout simplement le type mariage polygamique. C\u2019est un autre changement important dans le mariage chez les Guidar o\u00f9 le nombre \u00e9lev\u00e9 de femmes \u00e9tait une marque du rang social haut plac\u00e9 du polygame. Enfin, faudrait-il signaler que, chez les Guidar, le statut de mari\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas sanctionn\u00e9 par un acte de mariage \u00e9tabli par un officier d\u2019\u00e9tat civil de m\u00eame que les naissances n\u2019\u00e9taient pas enregistr\u00e9es sur un document. L\u2019introduction et l\u2019imbrication de du droit romano-civiliste (et m\u00eame du <em>Common law<\/em>, s\u2019agissant du Cameroun), du droit religieux (notamment le droit musulman) avec le droit coutumier guidar ne sont donc pas sans incidence sur l\u2019\u00e9volution de notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Si on peut s\u2019inqui\u00e9ter du fait que les fondements des liens matrimoniaux soient \u00e9branl\u00e9s par toutes ces \u00e9volutions, on doit, <em>a contrario<\/em>, se f\u00e9liciter d\u2019une certaine stabilit\u00e9 dans les foyers d\u2019aujourd\u2019hui. En effet, en ville notamment, il est rare qu\u2019une femme soit enlev\u00e9e de chez son mari par un autre homme&nbsp;: <em>\u0259g\u0259m zile<\/em> est de plus en plus rare. Si une femme se sent \u00e0 l\u2019aise dans son foyer, elle aura moins tendance \u00e0 aller voir ailleurs. En plus, le mariage civil complique le <em>\u0259g\u0259m zile.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cet&nbsp; expos\u00e9 sur le mariage devrait servir de base pour des r\u00e9flexions sur diff\u00e9rents aspects de la famille et de la soci\u00e9t\u00e9 guidar. Ne pas r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 tous ces probl\u00e8mes et laisser la soci\u00e9t\u00e9 voguer comme un bateau ivre sur des eaux en pleine temp\u00eate risque d\u2019\u00eatre fatal \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Douffissa, A. <em>Les noms chez les&nbsp;<\/em><em>\u018aiy<\/em><em> na Ka<\/em><em>\u0257<\/em><em>a<\/em><em>. Identit\u00e9, histoire et philosophie d\u2019un peuple<\/em>. Editions SAAGRAPH, Yaound\u00e9, 2004.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Dans ce texte, nous emploierons le mot \u00ab&nbsp;<strong><em>dot<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb dans son acception au Cameroun, m\u00eame si celle-ci est en r\u00e9alit\u00e9 erron\u00e9e. En anthropologie, la <strong><em>dot<\/em><\/strong> est un don fait par la famille de l\u2019\u00e9pouse au m\u00e9nage, c\u2019est-\u00e0-dire des biens que le p\u00e8re de l\u2019\u00e9pouse apporte au patrimoine du nouveau m\u00e9nage lors du mariage. Il y a un autre concept, le <strong><em>douaire<\/em><\/strong>, qui est une portion de biens que le mari offre \u00e0 son \u00e9pouse. Au Cameroun, et chez les Guidar en particulier, ce que nous appelons g\u00e9n\u00e9ralement dot est ce que les anthropologues nomment <strong>prix de la fianc\u00e9e<\/strong>. D\u2019apr\u00e8s Alain Testart et al (Les prestations matrimoniales &#8211; http:\/\/lhomme.revues.org\/146), le <strong><em>prix de la fianc\u00e9e<\/em><\/strong> (ou <strong><em>compensation matrimoniale<\/em><\/strong>, en anglais <em>bride price<\/em> ou <em>bridewealth<\/em>) est tout transfert 1) de biens relativement standardis\u00e9s, dont la nature et la quantit\u00e9 sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9termin\u00e9es par la coutume, 2) fournis normalement par le futur mari, 3) et destin\u00e9s aux parents de l\u2019\u00e9pouse, c\u2019est-\u00e0-dire des biens apport\u00e9s par la famille du mari \u00e0 celle de son \u00e9pouse. Dans sa th\u00e8se sur l\u2019organisation sociale des Guidar, soutenue en 1977 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Paris X, l\u2019anthropologue Chantal Collard utilise effectivement l\u2019expression \u00ab&nbsp;compensation matrimoniale&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Il faut noter que les Guidar n\u2019utilisent pas l\u2019expression \u00ab&nbsp;demander la main&nbsp;\u00bb d\u2019une fille. Ils disent \u00ab&nbsp;<em>\u0259rma t\u0259lta<\/em>&nbsp;\u00bb qu\u2019on traduira par \u00ab arr\u00eater le pied&nbsp;de la fille&nbsp;\u00bb ou&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>\u0259ttok mb\u0259\u0257a&nbsp;\u00bb <\/em>qu\u2019on peut traduire par \u00ab&nbsp;demander \u00e0 \u00eatre une belle-famille&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cette viande de ch\u00e8vre sera partag\u00e9e de la mani\u00e8re suivante&nbsp;: une \u00e9paule pour l\u2019oncle maternel (<em>papaya na g\u0259msa<\/em>) et un gigot pour l\u2019oncle paternel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Il faut savoir que le mot <em>arya<\/em>, qui d\u00e9signe la richesse, ou dans ce contexte les b\u0153ufs offerts en guise de dot ou la dot elle-m\u00eame tout simplement, d\u00e9signe aussi les bovins ou la richesse.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Dans sa Th\u00e8se op cit\u00e9e, Chantal Collard rapporte que&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les montants de versements pour oub\u00e9l\u00e9 pouvait aller en 1971 jusqu\u2019\u00e0 45&nbsp;000 CFA, soit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>2 boucs, dont l\u2019un au moins est d\u00e9pouill\u00e9<\/li>\n\n\n\n<li>1 chevrette<\/li>\n\n\n\n<li>2 \u00e0 3 sacs de sel<\/li>\n\n\n\n<li>1 sac de mil<\/li>\n\n\n\n<li>1 calebasse de farine de mil blanc<\/li>\n\n\n\n<li>20 \u00e0 30 bourmas de bi\u00e8re de mil<\/li>\n\n\n\n<li>2 \u00e0 3 boules de tabac<\/li>\n\n\n\n<li>3 bouteilles d\u2019huile d\u2019arachide<\/li>\n\n\n\n<li>2 nattes<\/li>\n\n\n\n<li>3 barres de savon<\/li>\n\n\n\n<li>4 savons de toilette<\/li>\n\n\n\n<li>20 houes.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>\u2026. La fianc\u00e9e re\u00e7oit en outre pour oub\u00e9l\u00e9<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>12 pagnes<\/li>\n\n\n\n<li>3 paires de chaussures<\/li>\n\n\n\n<li>1 jupe<\/li>\n\n\n\n<li>1 robe<\/li>\n\n\n\n<li>3 foulards<\/li>\n\n\n\n<li>2 slips<\/li>\n\n\n\n<li>1 collier<\/li>\n\n\n\n<li>1 bracelet<\/li>\n\n\n\n<li>2 paires de boucle d\u2019oreilles<\/li>\n\n\n\n<li>1 cache-sexe avant<\/li>\n\n\n\n<li>1 cache-sexe arri\u00e8re<\/li>\n\n\n\n<li>1 serviette de toilette<\/li>\n\n\n\n<li>1 caisse de bois<\/li>\n\n\n\n<li>1 porte-monnaie\u00a0\u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Toumbaya Tiy\u00e9 \u00e9voque le nombre de 10 bovins \u00e0 Biou.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> On entend souvent des gens se plaindre qu\u2019ils sont ruin\u00e9s par le mariage de leurs fils. Certains font le malheureux en pr\u00e9textant qu\u2019ils sont en train de payer le prix de la fianc\u00e9e pour leur fils ou pour eux-m\u00eames d\u2019ailleurs&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;in tat \u0259dah ana wisne da nak \u0253asa<\/em>.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> <strong><em>\u0259g\u0259m gulku<\/em><\/strong> peut se traduire litt\u00e9ralement par \u00ab&nbsp;prendre une femme&nbsp;\u00bb. Mais r\u00e9ciproquement, lorsqu\u2019on parle du d\u00e9part de la femme dans ce cadre, on dira \u00ab&nbsp;<strong><em>\u0259g\u0259m zile<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb pour dire \u00ab&nbsp;prendre un mari&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> On a souvent utilis\u00e9 de fa\u00e7on abusive le terme <strong><em>rapt<\/em><\/strong> pour d\u00e9signer ce type de mariage. En fait, il ne s\u2019agit pas d\u2019un rapt qui est le fait de s\u2019emparer ill\u00e9galement de quelqu\u2019un, de l\u2019enlever ou de le kidnapper. Le rapt se fait de force, sans le consentement de la victime. Or, le mariage dont nous parlons ici se fait avec le consentement de la femme. C\u2019est le mari qui est victime, non la femme. En outre, au regard de la l\u00e9gislation guidar en la mati\u00e8re, c\u2019est admis, m\u00eame si le mari d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de sa femme ne l\u2019entendra pas de la m\u00eame oreille.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Lorsque les parents ne sont pas satisfaits de leur beau-fils et veulent \u00ab&nbsp;offrir&nbsp;\u00bb leur fille \u00e0 un autre candidat, ils peuvent profiter d\u2019une occasion o\u00f9 la fille leur rend visite dans le cadre d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie de b\u00e9n\u00e9diction de ses grands-parents d\u00e9funts (<em>\u0259za\u0253 tuya<\/em>) pour la confisquer jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle trouve un autre mari ou que son mari se d\u00e9cide \u00e0 am\u00e9liorer la compensation matrimoniale. Les parents peuvent m\u00eame pr\u00e9texter convoquer leur fille pour une c\u00e9r\u00e9monie de <em>\u0259za\u0253 tuya<\/em>, aux fins de faire pression sur leur gendre et lui imposer de payer plus de prix de la fianc\u00e9e ou de s\u2019acquitter du solde d\u00fb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Dans les ann\u00e9es 1950-60, lorsque quelqu\u2019un s\u2019enfuyait avec une femme \u00ab&nbsp;vol\u00e9e&nbsp;\u00bb des villages guidar vers le Tchad ou plus loin que Guider, en direction de Garoua, il \u00e9tait difficile d\u2019aller la r\u00e9cup\u00e9rer. Ainsi, quand quelqu\u2019un partait de Djougui \u00e0 Lombel, petit village non loin de Golomb\u00e9, c\u2019\u00e9tait comme si, de nos jours, un enfant partait du Cameroun en Europe. On disait&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>ankiy gogosa&nbsp;; ambat\u0259k haa Lum\u0253eli<\/em>&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;<em>il est parti tr\u00e8s loin&nbsp; jusqu\u2019\u00e0 Lombel<\/em>&nbsp;\u00bb). Et comme le village d\u00e9pendait du lamidat de Golomb\u00e9, l\u2019infortun\u00e9 mari avait du mal \u00e0 aller r\u00e9cup\u00e9rer son \u00e9pouse en fugue ou, en tout cas se d\u00e9plumait pour cela.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Il s\u2019agit certainement d\u2019une erreur de traduction. En effet, chez les Guidar, le mouton ne fait pas partie des animaux donn\u00e9s \u00e0 la belle-famille dans le cadre de la compensation matrimoniale. Les animaux \u00e0 l\u2019honneur, si on puit dire, sont les b\u0153ufs, la ch\u00e8vre et les poulets (le poulet toujours sous-forme de plat cuisin\u00e9 et non offert vivant). Le mouton intervient dans des c\u00e9r\u00e9monies de gu\u00e9rison, notamment lors des rites de purification d\u2019une femme envo\u00fbt\u00e9e par les <em>tuyenge<\/em>. Il peut \u00eatre abattu pour l\u2019autoconsommation, mais rarement pour l\u2019accueil d\u2019un \u00e9tranger. Sa destination principale est la vente.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00ab&nbsp; Mariage \u00ab&nbsp;\u00e0 petits pas&nbsp;\u00bb, mariage \u00ab&nbsp;par vol&nbsp;\u00bb&nbsp;: pouvoir des hommes, des femmes et des chefs chez les Guidars&nbsp;\u00bb publi\u00e9 en 1979 dans Anthropologies et soci\u00e9t\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> TIZI, J. La conception du mariage dans la soci\u00e9t\u00e9 guidar &#8211; PATRIMOINE GUIDAR <a href=\"http:\/\/patrimoineguidar.over-blog.com\/2019\/11\/la-conception-du-mariage-dans-la-societe-guidar.html\">http:\/\/patrimoineguidar.over-blog.com\/2019\/11\/la-conception-du-mariage-dans-la-societe-guidar.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> DOUFFISSA, A.&nbsp; et coll. Le village Djougui, 20 ans d\u2019exp\u00e9rience d\u2019un Comit\u00e9 de d\u00e9veloppement au Nord du Cameroun, janvier 2009<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> RIOUX, M. Relativisme et jugements de valeur. In La culture comme refus de l\u2019\u00e9conomisme, <em>Anthropologica<\/em>, n<sup>o<\/sup> 4, 1957, p.&nbsp;61-75<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Le <strong>sororat<\/strong> est la pratique du remariage d&rsquo;un veuf avec la s\u0153ur de son \u00e9pouse, en particulier lorsque cette derni\u00e8re laisse des enfants en bas \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <strong>l\u00e9virat<\/strong> est un type particulier de mariage o\u00f9 le fr\u00e8re d&rsquo;un d\u00e9funt \u00e9pouse la veuve de son fr\u00e8re, afin de poursuivre la lign\u00e9e de son fr\u00e8re. Les enfants issus de ce remariage ont le m\u00eame statut que les enfants du premier mari. Les soci\u00e9t\u00e9s grecque, romaine ou \u00e9gyptienne antiques pratiquaient aussi le l\u00e9virat (Wikip\u00e9dia).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> La pension de veuvage des conjointes des salari\u00e9s du public ou du priv\u00e9 est une nouvelle source de conflits dans les familles. Dans certaines familles, les veuves, m\u00eame l\u00e9galement mari\u00e9es, se voient contester le droit de jouir de cette pension. D\u2019autres veuves s\u2019accaparent de tout l\u2019h\u00e9ritage de leur d\u00e9funt mari et abandonnent la prise en charge de la famille que ce dernier assumait de son vivant. Il s\u2019agit ici d\u2019un conflit entre la l\u00e9gislation de la r\u00e9publique et les r\u00e8gles traditionnelles, selon lesquelles une femme n\u2019h\u00e9rite jamais de son mari, elle-m\u00eame faisant partie des \u00ab&nbsp;biens&nbsp;\u00bb \u00e0 h\u00e9riter, dans le cadre du l\u00e9virat.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Albert Douffissa, Pr\u00e9sident du Bureau Ex\u00e9cutif de Guma, reprend ici un paragraphe publi\u00e9 dans la plaquette du Comit\u00e9 de d\u00e9veloppement de Djougui, \u00e9dit\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion du 20<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire de cette association. Il a \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la contribution tr\u00e8s active de Dawa\u00ef Haman de Djougui Gabla, qui a r\u00e9colt\u00e9 les t\u00e9moignages de Djaouro Nawissa et de Monglo Gbolol, quelques-uns de rares patriarches, d\u00e9positaires de la culture guidar. Je leur exprime ici ma profonde reconnaissance. Moussa Damba a apport\u00e9 sa caution \u00ab&nbsp;d\u2019ancien&nbsp;\u00bb \u00e0 ce texte.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Toumbaya Tiye, Pr\u00e9sident de la Commission sp\u00e9cialis\u00e9e Rites et C\u00e9r\u00e9monies de Guma, a apport\u00e9 une contribution significative en interrogeant des parents ayant envoy\u00e9 leurs filles en mariage ou ayant dot\u00e9 une femme pour leurs gar\u00e7ons, dans le village de Biou.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Albert Douffissa[1] et Toumbaya Tiye[2] Ce chapitre sur le mariage repose essentiellement sur les pratiques enregistr\u00e9es dans deux villages, Djougui et Biou, d\u2019o\u00f9 sont originaires les principaux auteurs. Mais il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des d\u00e9bats organis\u00e9s dans les r\u00e9seaux sociaux anim\u00e9s par Guma. 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